"...don't be stuck in the every day reality, allow yourself to dream, have faith in your wildest dreams." [AaRON]

"Ne restez pas scotchés à la réalité quotidenne. Permettez-vous de rêver. Croyez en vos rêves les plus fous..." [AaRON]

jeudi 9 décembre 2010

LITTERATURE : "CHRONIQUES MARTIENNES" DE RAY BRADBURY

1ère édition de  Chroniques martiennes dans la coll. Présence du futur (Denoël)

J'ai déjà cité ici Ray Bradbury, à propos du livre et du film du même nom, réalisé par François Truffaut, Fahrenheit 451 qui est une formidable ode à la liberté et une effrayante fable antitotalitariste.

J'ai envie aujourd'hui de vous citer extrait d'un autre livre du même auteur, Chroniques martiennes, sorti en  France en 1968, dans la fameuse collection "Présence du futur" des éditions Denoël (dont il fut le n°1), hélas disparue. Ce livre est devenu depuis longtemps devenu un classique, non seulement de la science-fiction mais de la littérature mondiale et il est même au programme des écoles.

Voici, lors d'une expédition sur Mars, l'échange entre deux militaires :

" - Nous ne ruinerons pas Mars, dit le capitaine. C'est un monde trop vaste et trop intéressant.
" - Vous croyez ça ? Nous autres, gens de la Terre, avons un talent tout spécial pour abîmer les grandes et belles choses. Si nous n'avons pas installé de snack-bars au milieu du temple égyptien de Karnak, c'est uniquement parce qu'il se trouvait situé à l'écart et n'offrait pas de perspectives assez lucratives. Et l'Egypte n'est qu'une infime partie de la Terre. Mais ici, tout est ancien et différent. Il va falloir s'établir quelque part et commencer à tout dénaturer. On appellera le canal le canal Rockefeller, cette montagne le mont King George; la mer sera la mer Dupont de Nemours; les villes seront baptisées Rossevelt, Lincoln ou Coolidge et jamais tout cela n'aura de sens puisque ces lieux ont déjà leurs noms authentiques.
 " - Ce sera votre travail, en tant qu'archéologue, de retrouver ces noms (...)
 " - Une poignée d'hommes comme nous contre tous ces intérêts commerciaux...
Spender regarda les montagnes grises.
"  - Ils savent que nous sommes ici ce soir à cracher dans leur vin et je les imagine trop bien nous haïssant.
Le capitaine secoua la tête.
"  - Il n'y a pas de haine, ici. Il écouta le vent.
"  - A en juger d'après l'aspect de leurs cités, c'était un peuple épris de beauté et de philosophie. Ils acceptaient leur destin. Pour autant que nous sachions, leur race s'est éteinte naturellement, sans qu'une ultime guerre d'extermination ait entraîné la dévastation de leurs villes. (...)
"  - Notre présence ne les dérange sans doute pas plus que celles d'enfants jouant sur une pelouse (...) Nous sommes des gamins en culottes courtes, nous poussons de grands cris avec nos jouets nouveaux, atomes et fusées (...) Mais un jour, la Terre sera comme Mars aujourd'hui. Ca nous calmera (...) Mars a beaucoup à nous apprendre (...)"

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