"...don't be stuck in the every day reality, allow yourself to dream, have faith in your wildest dreams." [AaRON]

"Ne restez pas scotchés à la réalité quotidenne. Permettez-vous de rêver. Croyez en vos rêves les plus fous..." [AaRON]

vendredi 28 février 2014

LONDON GRAMMAR : "STRONG"



Décidément, j'adore ce groupe et la voix de leur chanteuse, Hannah Reid. Ce titre est sorti le 7/12/2013.

"Strong / Forte" 

Excuse me for a while
Excuse-moi un instant
While I’m wide-eyed
J’ai beau avoir les idées larges
And I’m so down caught in the middle
Je me sens prise au piège
I’ve excused you for a while
Je t’ai excusé un moment
While I’m wide-eyed
Pourtant j'ai les idées larges
And I’m so down caught in the middle
Mais je me sens prise au piège maintenant

And a lion, a lion roars would you not listen?
Dis-moi, si un lion, un lion rugissait, tu ne l’écouterais pas, peut-être ?
If a child, a child cries would you not forgive them?
Et si un enfant, si un enfant pleurait, tu ne lui pardonnerais pas, peut-être ?

Yeah, I might seem so strong
Je sais, je peux paraître forte
Yeah, I might speak so long
Je sais, je parle beaucoup trop
I've never been so wrong
Mais je ne me suis jamais autant trompée
Yeah, I might seem so strong
Je sais, je peux paraître forte
Yeah, I might speak so long
Je sais, je parle beaucoup trop
I've never been so wrong
Mais je ne me suis jamais autant trompée

Excuse me for a while,
Excuse-moi un instant
Turn a blind eye
Tu peux faire comme si tu t’en foutais
With a stare caught right in the middle
Et prendre un regard coupable
Have you wondered for a while
As-tu pensé un instant 
I have a feeling deep down
A ce que je ressentirais au fond de moi
You’re caught in the middle?
Tu te sens pris entre deux feux

If a lion, a lion roars would you not listen?
If a child, a child cries would you not forgive them?

Yeah, I might seem so strong
Yeah, I might speak so long
I've never been so wrong
Yeah, I might seem so strong
Yeah, I might speak so long
I've never been so wrong

Excuse me for a while
While I’m wide-eyed
And I’m so down caught in the middle
Have you wondered for a while
I have a feeling deep down?
You’re caught in the middle

Yeah, I might seem so strong
Yeah, I might speak so long
I've never been so wrong
Yeah, I might seem so strong
Yeah, I might speak so long
I've never been so wrong

[Essai de traduction par mes soins]

HOMMAGE A PACO DE LUCIA


Le grand guitariste espagnol, Paco de Lucía [prononcer pako de luθi:a, à l'espagnole et non lutʃia, à l'italienne, comme on l'entend à tout bout de champ depuis quelques jours !!!] vient de mourir d'un infarctus qui le terrassa alors qu'il jouait avec ses fils à Playa del Carmen, près de Cancun au Mexique, où il vivait depuis son second mariage.  Il avait 66 ans.

J'avais entendu "Entre dos aguas" lors de mon 1er séjour aux Canaries en 1976. Ce disque ne m'a plus quitté depuis et fait toujours partie de la playlist qui m'accompagne lors de tous mes déplacements.

J'ai lu partout qu'on le présentait comme un musicien de flamenco. C'est un peu réducteur. Je n'ai rien contre le flamenco mais la musique de Paco de Lucía allait bien au-delà de ce que l'on appelle le flamenco. Certes, originaire d'Algésiras, avait-il commencé à gratter la guitare encore enfant, mais il s'était affranchi depuis les années 70 de ce genre musical et de ses contraintes en empruntant au jazz, à la rumba, à la musique pop et rock, et au classique (il interprétait magnifiquement Manuel de Falla et Joaquin Rodrigo), il en avait fait une expression musicale nouvelle "el nuevo flamenco" et lui avait donné une notoriété universelle.

En 1965, il avait mis en musique 12 chansons de Federico García Lorca et son interprétation du Concerto de Aranjuez de Joaquin Rodrigo en 1991 restera l'une des plus belles et des plus émouvantes.

Adiós, amigo, siempre quedaràs en mi corrazón. 


dimanche 23 février 2014

FLASHMOB - VALSE N°2 DE CHOSTAKOVITCH



Voici un nouveau flashmob : le Barbieri Symphony Orchestra interprétant devant le Teatro Valle-Inclan à Madrid, la Valse n°2 de Chostakovitch. 

GERMAINE TILLION VA ENTRER AU PANTHEON



 Le président de la république, François Hollande, a annoncé, le 21 février 2014, l'entrée au Panthéon de quatre grandes personnalités de la Résistance, deux hommes (Jean Zay et Pierre Brossolette) et deux femmes (Germaine Tillion et Geneviève de Gaulle-Anthonioz) qui étaient chères à mon coeur. J'ai bien connu Germaine Tillion puisque, entre 1976 et 1979, elle a été mon directeur de thèse à l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales et que nous sommes restés amis jusqu'à son décès en 2008. Elle m'avait souvent  parlé de Geneviève de Gaulle, la nièce du général de Gaulle, qui fut son amie et sa compagne de déportation à Ravensbrück.

 « De la Résistance à l'Algérie: Germaine Tillion (1907-2008) aura été des grands combats du XXe siècle. Pionnière de l'ethnologie française, elle mène ses recherches en Algérie, dans les Aurès. Lorsqu'elle rentre en France, en 1940, elle découvre Paris occupé. Depuis le Musée de l'homme où elle travaille, elle participe à la création du premier réseau de résistance. Elle coordonne, avec l'aide du résistant Paul Hauet, l'activité des groupes en région, organise des évasions de prisonniers. Dénoncée en 1942, elle est déportée à Ravensbrück avec sa mère, qui sera gazée en 1945. Germaine Tillion a 38 ans : elle observe le camp en ethnographe, demande à ses camarades de lui rapporter des informations, leur fait des conférences sur la logique du système concentrationnaire, qu'elle comprend peu à peu. Elle publiera ses observations dès 1946.

La connaissance est un engagement et une évasion, car lorsque vous n'avez plus rien, seule la raison humaine peut vous empêcher de sombrer», dit-elle. Cachée dans des cartons, elle écrit en 1944, l'année où Geneviève de Gaulle arrive à son tour à Ravensbrück, une opérette sur le quotidien des camps, Le Verfügbar aux Enfers, dont elle chante les airs à ses compagnes : «J'ai écrit une chose comique, parce que je pense que le rire, même dans les situations les plus tragiques, est un élément vivifiant. Que reste-t-il quand il ne reste plus rien à opposer à la barbarie? Le rire. On peut rire jusqu'à la dernière minute», estimait-elle.


En 1954, elle est l'autorité morale que François Mitterrand, alors ministre de l'Intérieur, envoie étudier la situation en Algérie. Elle sert d'intermédiaire entre le régime gaulliste et le FLN. De retour en France, après la bataille d'Alger, elle dénonce la torture, sans embrasser une position antifrançaise : elle refuse de se laisser embrigader dans un parti ou un autre. Elle finit sa carrière comme directrice de recherches à l'École pratique des hautes études, où elle enseignera jusqu'en 1980. En 2007, à l'initiative de son directeur, Jean-Luc Choplin, le Châtelet remontait devant une Geneviève Tillion enthousiaste Le Verfügbar aux Enfers. Il sera aussi donné à Ravensbrück, en 2010, pour le 65e anniversaire de la libération du camp. » [Extrait de l'article "Quatre grands noms de la Résistance vont faire leur entrée au Panthéon", Le Figaro.fr,21/02/2014]

Qu'aurait pensé Germaine Tillion de ces honneurs posthumes ? Je ne sais pas. C'était une femme simple, d'une grande modestie. Un jour, alors que j'étais allé la voir dans le petit appartement bourré de livres et de documents qu'elle habitait à Saint-Mandé, le temps sur Paris était terrible, il avait neigé et la neige était devenue une immonde gadoue, comme toujours à Paris. Au sortir du métro, je patinais sur les trottoirs détrempés dans mes chaussures de ville et j'arrivai chez elle complètement trempé. Comme nous étions aux alentours de Noël, j'avais eu l'idée lumineuse d'apporter avec moi un Christmas pudding, acheté quelques heures plus tôt à St. Germain-en-Laye où j'étais logé chez mon ami Michel Rouvière. Et, ce que j'ignorais, c'est que ce genre de gâteau traditionnel anglais doit être ouvert plusieurs heures à l'avance avant d'être consommé et qu'il nécessite toute une préparation. Comme je n'avais pas ces quelques heures (je devais reprendre le train le soir même pour l'Ardèche), elle me proposa soit un thé, soit un whisky "pour me réchauffer". J'optai pour la whisky, et elle aussi. Lorsque, après une discussion à bâtons rompus sur les sloughis (lévriers que l'on trouve depuis l'Egypte jusqu'aux Iles Canaries), je repartis, je titubais un peu et je faillis bien m'étaler en redescendant les escaliers verglacés qui menaient au métro. Je ne peux me souvenir d'elle que comme cela : simple, chaleureuse, sans chichis, proposant à son étudiant crotté et gelé (qu'elle n'avait pas vu depuis plusieurs années mais avec lequel elle était resté en contact) un verre de whisky "pour le réchauffer". 

Chère Germaine Tillion, je crois ne pas trop m'avancer en estimant que cet hommage posthume avec tout ce tralala de transfert de cendres au Panthéon ne vous aurait pas trop réjoui. Et même que sans doute, vous vous seriez un peu moquée en votre fort intérieur tant les honneurs vous indifféraient mais, vous l'auriez tout de même accepté, car vous respectiez infiniment nos institutions.

lundi 17 février 2014

MUSIQUE : GRACE JONES "I'VE SEEN THIS FACE BEFORE"

Cette chanson m'était restée dans la tête mais je l'avais oubliée. Je l'ai réentendue dans la bande son du film de Roman Polanski, "Frantic" et elle m'a rappelé beaucoup de choses. Ce fut le succès de l'année 1981. Le clip vidéo, tourné par Jean-Paul Goude, était révolutionaire. La chanson originale était un tango écrit par le grand compositeur argentin Astor Piazzola en 1974, mais réorchestré en reggae avec des paroles écrites par Grace Jones et Barry Reynolds. C'est cependant l'interprétation détonnante de Grace Jones qui a donné à cette musique une notoriété mondiale.


Paroles/Lyrics

Strange, I've seen that face before,
Etrange, j’ai déjà vu ce visage
Seen him hanging 'round my door,
Je l’ai vu trainer autour de ma porte
Like a hawk stealing for the prey,
Comme un faucon guettant sa proie
Like the night waiting for the day,
Comme la nuit attendant le jour

Strange, he shadows me back home,
Etrange, il me suit dans l’ombre jusqu’à ma porte
Footsteps echo on the stones,
L’écho de pas sur les pavés
Rainy nights, on Haussmann Boulevard,
Nuits pluvieuses, boulevard Haussmann
Parisian music, drifting from the bars,
Musique de Paris, s’échappant de la porte des bars

Tu cherches quoi, rencontrer la mort,
Tu te prends pour qui, toi aussi tu détestes la vie,

Dance in bars and restaurants,
Danse dans les bars et les restaurants,
Home with anyone who wants,
Retour à la maison avec qui veut bien venir,
Strange he's standing there alone,
Etrange, il se tient-là seul
Staring eyes chill me to the bone.
Regardant avec des yeux qui te glacent jusqu’à l’os.

Dans sa chambre, Joël et sa valise,
Un regard sur ses fringues,
Sur les murs, des photos,
Sans regret, sans mélo,

La porte est claquée, Joël est barré.

[Traduit par mes soins]

dimanche 16 février 2014

LITTERATURE ET CINEMA : "LA VOLEUSE DE LIVRES"


Je m'étonne de ne pas avoir parlé ici du roman "La voleuse de livres", que j'ai lu en anglais, après que Mme. Juhl, la maman de deux de mes élèves, m'en ait fait cadeau alors que j'étais encore au collège. Je n'aurais sans doute jamais acheté ce livre moi-même si on ne me l'avait offert car le thème en est passablement morbide  : le roman fait partie de ce que l'on appelle les "romans pour jeunes adultes", genre auquel on peut rattacher Twilight, The Hunger games, Neverwhere... Ce sont généralement toujours des livres assez sombres qui se passent dans des univers à la limite du fantastique. Celui-là se passe dans notre monde, pendant l'un des évènements les plus noirs de notre histoire : l'époque où les Nazis firent régner la terreur sur l'Europe. La touche fantastique y est apportée par la Mort, car c'est elle (ou plutôt lui, dans le film) la narratrice ou plutôt le témoin. En effet, tout ce que nous voyons, nous le voyons à travers elle, à travers son "regard", mi compassionnel, mi-cynique ou plutôt blasé... L'action se passe dans un petit village allemand bavarois des environs de Munich et tout près du premier camp d'extermination nazi, celui de Dachau. La voleuse de livres (en anglais "The Book Thief") est une enfant de 11 ans environs, Liesel, qui est recueillie par un couple d'allemands pauvres, Hans et Rosa Hubermann. Le roman se déroule entre les premiers jours de la guerre et sa fin, sous les bombardements alliés auxquels seule Liesel échappera pour constater que tous ceux qu'elle aimant (ses parents adoptifs, son copain Rudy) sont morts autour d'elle.
On le voit, le thème du livre n'est pas des plus drôles. Et cependant, c'est un livre magnifique qui, au-delà de son côté sombre (la Mort n'étant pas le pire des personnages, loin de là !), parle de tendresse, d'amitié et d'amour, et aussi des livres, livres sans lesquels Liesel n'aurait pas survécu (au sens propre du terme) à la mort.
Comment un amoureux des livres comme moi, qui a été libraire, par choix plus que par opportunité, pendant 13 ans, aurait-il pu ne pas être sensible à ce roman.
C'est pourquoi, lorsque j'ai appris, par le plus grand des hasards, qu'un film avait été tiré de ce livre, et qu'il passait à Aubenas, y suis-je allé. Je dois dire que ce n'était pas sans appréhension, d'une part parce qu'on craint souvent d'être déçu lorsqu'on va voir au cinéma une adaptation d'un livre qu'on a aimé, mais aussi de peur que certaines images, assez terribles dans le livre, soient rendues encore plus insupportables par l'image. Ce n'a pas été le cas même si je ne suis pas entièrement satisfait du film qui, je le reconnais, n'a pas eu beaucoup de succès et est passé inaperçu de la critique. Voir ce que j'en dis dans mon blog cinéma. 

[Markus Zusak. The Book Thief (en français "La voleuse de livres") disponible en français chez Pocket]