"...don't be stuck in the every day reality, allow yourself to dream, have faith in your wildest dreams." [AaRON]

"Ne restez pas scotchés à la réalité quotidenne. Permettez-vous de rêver. Croyez en vos rêves les plus fous..." [AaRON]

lundi 23 décembre 2013

LES 50 ANS D'I HAVE A DREAM DE Martin Luther KING

J'avais prévu de publier ce texte pour l'anniversaire du discours de Martin Luther King, le 28 août. Des évènements inattendus ont fait que j'ai repoussé ce moment. Comme dans le cas du texte de la chanson de Leonard Cohen, j'ai mis beaucoup de temps à traduire le texte original en essayant de rester aussi fidèle que possible à la pensée de son auteur. Je viens d'y apporter une dernière touche. J'espère que vous me pardonnerez ce retard.


MARTIN LUTHER KING : LES 50 ANS D’I HAVE A DREAM

C’était il y a cinquante ans. En effet, c’est le  28 août 1963, sur les marches du Lincoln Memorial à Washington, devant une foule immense, que le pasteur Martin Luther King prononça ces mots « I have a dream » (Je fais un rêve).
Il avait alors 34 ans et Kennedy était président. L’un et l’autre allaient mourir assassinés : John Fitzgerald Kennedy, la même année, à Dallas, à l’âge de 46 ans,  Martin Luther King en 1968, à Memphis, à 39 ans.
Il y a donc eu cette année 50 ans, soit un demi-siècle, que Martin Luther King prononçait son discours. Celui-ci, dont on ne connaît généralement que les quatre mots « I have a dream » dura seize minutes. Il marquait l’aboutissement de la marche pour les droits civiques de la minorité noire qui rassembla plus de 250 000 personnes et se termina devant le Lincoln Memorial à Washington.

Texte intégral du discours de M. L. King le 28 août 1963

"I HAVE A DREAM"

I am happy to join with you today in what will go down in history as the greatest demonstration for freedom in the history of our nation.
Je suis heureux de me joindre à vous aujourd’hui à l’occasion de ce qui restera comme la plus grande démonstration de liberté dans l’histoire de notre nation.  
Five score years ago, a great American, in whose symbolic shadow we stand today, signed the Emancipation Proclamation. This momentous decree came as a great beacon light of hope to millions of Negro slaves who had been seared in the flames of withering injustice. It came as a joyous daybreak to end the long night of their captivity.
Il y a cent ans, un grand Américain, dans l’ombre symbolique dans laquelle nous nous trouvons aujourd'hui, a signé la Proclamation d'Emancipation. Ce décret d'une importance considérable venait apporter, comme un phare, la lumière de l’espoir aux millions d'esclaves Noirs, qui dépérissaient, consumés par les flammes de l’injustice. Il annonçait l'aube joyeuse qui allait mettre fin à la longue nuit de la captivité.
But 100 years later, the Negro still is not free. One hundred years later, the life of the Negro is still sadly crippled by the manacles of segregation and the chains of discrimination. One hundred years later, the Negro lives on a lonely island of poverty in the midst of a vast ocean of material prosperity. One hundred years later, the Negro is still languished in the corners of American society and finds himself an exile in his own land. And so we've come here today to dramatize a shameful condition.
Mais un siècle plus tard, nous devons constater que les Noirs ne sont toujours pas libres. Un siècle plus tard, la vie des Noirs est toujours tristement entravée par les menottes de la ségrégation et les chaînes de la discrimination. Cent ans plus tard, le Noir vit toujours sur une île de pauvreté noyée dans les brouillards d’un vaste océan de prospérité matérielle. Cent ans plus tard, le Noir est toujours repoussé dans les recoins de la société américaine et se trouve exilé dans son propre pays. Cent ans plus tard, le Noir croupit toujours dans les recoins de la société américaine et se trouve exilé dans son propre pays. Et ainsi nous nous retrouvons aujourd’hui pour dénoncer une situation honteuse.
In a sense we've come to our nation's capital to cash a check. When the architects of our republic wrote the magnificent words of the Constitution and the Declaration of Independence, they were signing a promissory note to which every American was to fall heir. This note was a promise that all men - yes, black men as well as white men - would be guaranteed the unalienable rights of life, liberty, and the pursuit of happiness.
Dans un sens, nous sommes venus dans la capitale de notre nation réclamer notre dû. Quand les architectes de notre république rédigèrent le magnifique texte de la Constitution et de la Déclaration d’Indépendance, ils signèrent un engagement dont chaque Américain pourrait se sentir l’héritier. C’était la promesse que chaque homme – oui, aussi bien les  noirs que les blancs – se verrait garantir le droit inaliénable à la vie, à la liberté et à la poursuite du bonheur.
It is obvious today that America has defaulted on this promissory note insofar as her citizens of color are concerned. Instead of honoring this sacred obligation, America has given the Negro people a bad check, a check that has come back marked "insufficient funds."
Il est évident aujourd’hui que l’Amérique a manqué à ses engagements pour ce qui concerne ses citoyens de couleur. Au lieu de faire honneur à cette obligation sacrée, l’Amérique a donné au peuple noir un chèque en bois, un chèque qui est revenu revêtu de  la mention « sans provision ».
But we refuse to believe that the bank of justice is bankrupt. We refuse to believe that there are insufficient funds in the great vaults of opportunity of this nation. And so we've come to cash this check, a check that will give us upon demand the riches of freedom and security of justice. We have also come to his hallowed spot to remind America of the fierce urgency of now. This is no time to engage in the luxury of cooling off or to take the tranquilizing drug of gradualism. Now is the time to make real the promises of democracy. Now is the time to rise from the dark and desolate valley of segregation to the sunlit path of racial justice. Now is the time to lift our nation from the quicksands of racial injustice to the solid rock of brotherhood. Now is the time to make justice a reality for all of God's children.
Mais nous refusons de croire que la banque de la justice est en faillite. Nous refusons de croire que les fonds gardés dans les chambres fortes de l’opportunité de cette nation sont insuffisants. Et donc, nous sommes venus exiger le paiement de ce chèque, paiement qui nous donnera la richesse de la liberté et de la sécurité que garantit la justice. Nous sommes aussi venus en cet endroit sacré pour rappeler à l’Amérique l’urgence absolue de cet instant. Il n’est plus temps de se laisser aller au calme apparent ou de se laisser endormir par la drogue soporifique du réformisme. Il est grand temps de  réaliser les promesses de la démocratie. Il est grand temps  de nous élever au-dessus de la sombre vallée  désolée de la ségrégation pour nous engager sur le chemin ensoleillé de la justice raciale. Il est grand temps d’extirper notre nation des sables mouvants de l’injustice raciale pour la conduire sur le roc solide de la fraternité. Il est grand temps de faire de la justice une réalité pour tous les enfants de dieu.          
It would be fatal for the nation to overlook the urgency of the moment. This sweltering summer of the Negro's legitimate discontent will not pass until there is an invigorating autumn of freedom and equality. Nineteen sixty-three is not an end but a beginning. Those who hoped that the Negro needed to blow off steam and will now be content will have a rude awakening if the nation returns to business as usual. There will be neither rest nor tranquility in America until the Negro is granted his citizenship rights. The whirlwinds of revolt will continue to shake the foundations of our nation until the bright day of justice emerges.
Il serait fatal pour notre nation de sous-estimer l’urgence de ce moment. Cet été étouffant où le légitime mécontentement des Noirs s’est exprimé ne se terminera qu’avec l’arrivée d’un revigorant automne de liberté et d’égalité. 1963 n’est pas une fin mais un commencement. Ceux qui espéraient que les Noirs se satisferaient seulement de pouvoir dire ce qu’ils ont sur le cœur risquent de connaître un réveil difficile si la nation retourne simplement à ses affaires après cela. Il n’y aura ni repos ni tranquillité en Amérique tant qu’on n’aura pas conféré aux  Noirs tous les droits des citoyens. La tempête de la révolte continuera à secouer les fondations de notre nation jusqu’à ce que ce que le jour brillant de la justice arrive.    
But there is something that I must say to my people who stand on the warm threshold which leads into the palace of justice. In the process of gaining our rightful place we must not be guilty of wrongful deeds. Let us not seek to satisfy our thirst for freedom by drinking from the cup of bitterness and hatred. We must forever conduct our struggle on the high plane of dignity and discipline. We must not allow our creative protest to degenerate into physical violence. Again and again we must rise to the majestic heights of meeting physical force with soul force. The marvelous new militancy which has engulfed the Negro community must not lead us to a distrust of all white people, for many of our white brothers, as evidenced by their presence here today, have come to realize that their destiny is tied up with our destiny. And they have come to realize that their freedom is inextricably bound to our freedom. We cannot walk alone.
Mais il y a quelque chose que je veux dire à mon people qui est sur le point de franchir le seuil chaleureux qui conduit dans le palais de la justice. Dans le processus qui nous conduira à gagner notre juste place, nous ne devons pas nous rendre coupables d’actes injustes. Pour assouvir notre soif de liberté, ne nous laissons pas aller à boire la coupe de l’amertume et de la haine. Nous devons toujours mener notre combat dans un haut souci de la dignité et de la discipline. Nous ne devons jamais laisser dégénérer notre protestation créative en violence physique. Toujours et toujours, nous devons élever notre combat là où la force physique rejoindra la force de l’esprit. Le militantisme merveilleux qui s’est emparé de la communauté noire ne doit pas nous conduire à nous méfier de tous les blancs, car beaucoup de nos frères blancs, comme le montre leur présence aujourd’hui, sont convaincus que leur liberté est indissociablement liée à notre liberté. Nous ne pouvons avancer tout seuls.
And as we walk, we must make the pledge that we shall always march ahead. We cannot turn back. There are those who are asking the devotees of civil rights, "When will you be satisfied?" We can never be satisfied as long as the Negro is the victim of the unspeakable horrors of police brutality. We can never be satisfied as long as our bodies, heavy with the fatigue of travel, cannot gain lodging in the motels of the highways and the hotels of the cities. We cannot be satisfied as long as the Negro's basic mobility is from a smaller ghetto to a larger one. We can never be satisfied as long as our children are stripped of their selfhood and robbed of their dignity by signs stating "for whites only." We cannot be satisfied as long as a Negro in Mississippi cannot vote and a Negro in New York believes he has nothing for which to vote. No, no we are not satisfied and we will not be satisfied until justice rolls down like waters and righteousness like a mighty stream.
Et, lorsque nous avançons, nous devons faire la promesse que nous irons toujours de l’avant. Nous ne pouvons faire marche arrière. Il y a ceux qui demandent aux défenseurs des droits civiques : « Quand serez-vous satisfaits ? » Nous ne pourrons pas être satisfaits tant que les Noirs seront victimes des inqualifiables horreurs des brutalités policières. Nous ne pourrons pas être satisfaits tant que l’on refusera à nos corps, épuisés par la fatigue des voyages, de se reposer dans les motels des autoroutes et les hôtels des grandes villes. Nous ne pourrons être satisfaits tant qu’on déniera à nos enfants le droit à la dignité par des écriteaux portant la mention « Pour les blancs seulement ». Nous ne serons satisfaits que lorsqu’un Noir du Mississippi pourra voter et qu’un Noir à New-York aura quelqu’un pour qui voter. Non, non, nous ne sommes pas satisfaits et nous ne le serons pas tant que la justice ne roulera pas des eaux puissantes de la vertu et de la morale.     
I am not unmindful that some of you have come here out of great trials and tribulations. Some of you have come fresh from narrow jail cells. Some of you have come from areas where your quest for freedom left you battered by storms of persecution and staggered by the winds of police brutality. You have been the veterans of creative suffering. Continue to work with the faith that unearned suffering is redemptive.
Je n’ignore pas que certains d’entre vous sont arrivés ici après de nombreuses épreuves et tribulations. Certains d’entre vous viennent directement d’étroites cellules de prison. Certains d’entre vous sont venus de régions où votre quête pour la liberté vous a laissés meurtris par les orages de la persécution et choqués par les violences policières. Vous êtes les vétérans de la souffrance créative. Poursuivez dans l’assurance que la souffrance injustifiée vous apportera la rédemption.    
Go back to Mississippi, go back to Alabama, go back to South Carolina, go back to Georgia, go back to Louisiana, go back to the slums and ghettos of our northern cities, knowing that somehow this situation can and will be changed.
Retournez dans le Mississippi, retournez en Alabama, retournez en Caroline du sud, retournez en Géorgie, retournez en Louisiane, retournez dans les taudis et les ghettos  de nos villes du Nord, en sachant que cette situation, d'une manière ou d'une autre, peut être et sera changée.
Let us not wallow in the valley of despair. I say to you today my friends - so even though we face the difficulties of today and tomorrow, I still have a dream. It is a dream deeply rooted in the American dream.
Ne nous complaisons pas dans la vallée du désespoir. Je vous dis aujourd'hui, mes amis que, malgré les difficultés et les frustrations d’aujourd’hui et de demain, j'ai quand même un rêve. C'est un rêve profondément enraciné dans le rêve américain.
I have a dream that one day this nation will rise up and live out the true meaning of its creed: "We hold these truths to be self-evident, that all men are created equal."
J'ai fait le rêve qu'un jour cette nation se lèvera et vivra la vraie signification de ce en quoi elle croit : "Nous tenons ces vérités comme allant de soi, que les hommes ont été créés égaux".
I have a dream that one day on the red hills of Georgia the sons of former slaves and the sons of former slave owners will be able to sit down together at the table of brotherhood.
J'ai fait le rêve qu'un jour, sur les collines de terre rouge de Géorgie, les fils des anciens esclaves et les fils des anciens propriétaires d'esclaves pourront s'asseoir ensemble autour de la table de la fraternité.
I have a dream that one day even the state of Mississippi, a state sweltering with the heat of injustice, sweltering with the heat of oppression, will be transformed into an oasis of freedom and justice.
J'ai fait le rêve qu'un jour, même l'Etat du Mississippi, un désert étouffant d'injustice et d'oppression sera transformé en une oasis de liberté et de justice.
I have a dream that my four little children will one day live in a nation where they will not be judged by the color of their skin but by the content of their character.
J'ai fait le  rêve que mes quatre enfants habiteront un jour une nation où ils seront jugés non pas sur la couleur de leur peau, mais sur  le contenu de leur caractère.
I have a dream today.
J'ai un rêve aujourd'hui.
I have a dream that one day down in Alabama, with its vicious racists, with its governor having his lips dripping with the words of interposition and nullification - one day right there in Alabama little black boys and black girls will be able to join hands with little white boys and white girls as sisters and brothers.
Je rêve qu'un jour l'Etat de l'Alabama, avec ses racistes odieux, avec son  gouverneur dont les lèvres dégouttent des mots répugnants d’annihilation et d’extermination, que dans ce même Etat d’Alabama, les petits enfants noirs pourront prendre la main des petits enfants blancs et marcheront ensemble comme des frères et des sœurs.
I have a dream today.
J'ai un rêve aujourd'hui
I have a dream that one day every valley shall be exalted, and every hill and mountain shall be made low, the rough places will be made plain, and the crooked places will be made straight, and the glory of the Lord shall be revealed and all flesh shall see it together.
J'ai le rêve qu'un jour, chaque vallée sera exaltée, chaque colline et chaque montagne seront nivelées, les endroits inégaux seront aplanis et les endroits tortueux seront redressés, et la gloire du Seigneur sera révélée, et tous les hommes la verront ensemble.
This is our hope. This is the faith that I go back to the South with. With this faith we will be able to hew out of the mountain of despair a stone of hope. With this faith we will be able to transform the jangling discords of our nation into a beautiful symphony of brotherhood. With this faith we will be able to work together, to pray together, to struggle together, to go to jail together, to stand up for freedom together, knowing that we will be free one day.
Ceci est notre espoir. C'est avec cet espoir au cœur que je retourne dans le Sud. C’est avec cette foi, nous pourrons modeler la montagne de désespoir pour en faire une pierre d’espoir. Avec cette foi, nous deviendrons capables de faire de l’exaspérant cliquetis des discordes qui empoisonnent notre nation en une  belle symphonie de fraternité. Avec cette foi, nous serons capables de travailler ensemble, de prier ensemble, de combattre ensemble, d’être emprisonnés ensemble, de nous lever ensemble pour réclamer la liberté en sachant qu'un jour nous serons libres.
This will be the day, this will be the day when all of God's children will be able to sing with new meaning "My country 'tis of thee, sweet land of liberty, of thee I sing. Land where my father's died, land of the Pilgrim's pride, from every mountainside, let freedom ring!"
Quand ce jour arrivera, tous les enfants de Dieu pourront entonner ensemble cet hymne : «Mon Pays, c'est toi, douce patrie de la liberté, c'est toi que je chante. Terre où reposent mes pères, fierté des pères Pélerins, de chaque montagne, que la liberté carillonne."
And if America is to be a great nation, this must become true. And so let freedom ring from the prodigious hilltops of New Hampshire. Let freedom ring from the mighty mountains of New York. Let freedom ring from the heightening Alleghenies of Pennsylvania.
Et si l'Amérique doit être une grande nation, ceci devra devenir la vérité. Et que la liberté retentisse depuis les hautes collines du New Hampshire. Que la liberté carillonne depuis les puissantes montagnes de New York. Que la liberté carillonne depuis les hauteurs des Alleghenies de Pennsylvanie!
Let freedom ring from the snow-capped Rockies of Colorado. Let freedom ring from the curvaceous slopes of California.
Que la liberté carillonne depuis les Rocheuses enneigées du Colorado! Que la liberté retentisse des pentes plantureuses de la Californie!
But not only that; let freedom ring from Stone Mountain of Georgia.
Mais encore  que la liberté carillonne depuis les Stone Mountains de Géorgie!
Let freedom ring from Lookout Mountain of Tennessee.
Que la liberté carillonne depuis les Lookout Mountains du Tennessee!
Let freedom ring from every hill and molehill of Mississippi - from every mountainside.
Que la liberté carillonne du haut de chaque colline et de chaque butte du Mississippi! Que la liberté retentisse!
Let freedom ring. And when this happens, and when we allow freedom ring - when we let it ring from every village and every hamlet, from every state and every city, we will be able to speed up that day when all of God's children - black men and white men, Jews and Gentiles, Protestants and Catholics - will be able to join hands and sing in the words of the old Negro spiritual: "Free at last! Free at last! Thank God Almighty, we are free at last!"
Quand nous laisserons s’exprimer la liberté, quand nous la laisserons retentir au-dessus de chaque village et de chaque lieu-dit, de chaque Etat et de chaque ville, nous nous rapprocherons de ce jour où tous les enfants de Dieu, Noirs et Blancs, Juifs, Catholiques et Protestants, pourront se prendre par la main et chanter les paroles du vieux negro-spiritual :
"Enfin libres ! Enfin libres ! Dieu tout-puissant, merci, nous sommes enfin libres!"

[Texte original : The Douglass Archives of American Public Adress (http://douglass.speech.nwu.edu); traduction : Roland Comte]

 Cinquante ans après, ce discours donne encore des frissons. Il n'a perdu ni en intensité, ni en émotion. On aurait préféré qu’il ait vieilli, qu’il paraisse dépassé, désuet. Malheureusement, il est toujours d’une actualité brûlante.  Malgré l’élection, à la tête de l’Etat le plus puissant du monde, d’un président noir – Barak Obama qui, de plus, a effectué deux mandats, ce que n’aurait sans doute même pas pu imaginer Martin Luther King – même si de plus en plus de noirs accèdent à la notoriété (dans les institutions, dans les professions libérales, dans le cinéma ou dans la musique…), il reste encore un chiffre terrible : en 2004, 50 % de la population carcérale américaine était composée de noirs et 25 % de latino-américains.
Et les choses ne sont hélas pas prêt de s'arranger avec l'élection récente de Donald Trump, l'un des pires présidents que les Etats-Unis auront jamais eu à leur tête, un homme infâme, ouvertement raciste et xénophobe. Dieu protège l'Amérique (et le monde) !

Je vous renvoie aussi, au sujet de Martin Luther King, au film Selma, que je chronique dans mon blog cinéma Cinérock07.   

DANCE ME TO THE END OF LOVE par Leonard COHEN



Je connais assez bien l’œuvre de Leonard Cohen que j'ai beaucoup écouté depuis mes années de fac. Il fait partie des chanteurs que je continue d'écouter et dont j’ai toujours quelques chansons enregistrées sur mon lecteur MP3 lorsque je suis en voyage.

J’ai eu la surprise de reconnaître cette voix inimitable à la fin du générique d’un film où je ne me serais pas attendu à la trouver : 100 % cachemire de Valérie Lemercier. Pour ceux qui n’ont pas vu ce film, que j’ai personnellement assez aimé, je dirais que c'est une comédie légère et que l’on ne s’attend pas à y entendre une chanson de Cohen et en tout cas, pas celle-là !

J'ai depuis réentendu cette chanson dans un film injustement méconnu, un remake américain de Parfum de femme, de Dino Risi, bêtement intitulé en français Le temps d'un week-end. Ce film, avec Al Pacino dans le rôle titre, est en tout point remarquable et, à mon avis meilleur que l'originaln ce qui est exceptionnel pour un "remake".

Arrivé chez moi, je me suis précipité sur Internet pour avoir confirmation de mon intuition : c’était bien Leonard Cohen que l'on entendait interprétant une chanson que je ne connaissais pas et qui s’intitulait « Dance me to the end of love ».

Bien entendu, j’en ai aussi recherché les paroles et j’ai voulu les traduire. Comme je l’ai déjà souvent dit ici, et ce n’est une révélation pour personne qui pratique plusieurs langues, la traduction est toujours difficile. Elle confine à l’impossible lorsqu’il s’agit de poésie et encore plus de paroles de chansons. Et lorsqu’il s’agit de chansons de Leonard Cohen..., on atteint les sommets car s’ajoute à tout cela la complexité du personnage et de son inspiration. Sur celle-ci, il s’est toujours refusé, sauf de très rares fois, à donner des explications, ce qui peut se comprendre car un poète ne sait pas forcément (ou n'a pas envie de savoir) ce qui lui a inspiré un poème.

Dans le cas de Leonard Cohen, c’est toujours extrêmement difficile.

Voici maintenant mon modeste essai de traduction. Je n'en suis pas totalement satisfait. Comment le pourrais-je avec une chanson d'une telle richesse et aux telles résonances ? 

Dance me to your beauty with a burning violin
Fais-moi danser jusqu’à ta beauté avec un violon en flammes
Dance me through the panic 'til I'm gathered safely in
Fais-moi danser à travers le chaos jusqu’à ce que je sois à l’abri
Lift me like an olive branch and be my homeward dove
Soulève-moi comme une branche d’olivier et sois ma colombe de retour à la maison
Dance me to the end of love
Fais-moi danser jusqu’à la fin de l’amour
Dance me to the end of love
Fais-moi danser jusqu’à la fin de l’amour
Oh let me see your beauty when the witnesses are gone
Oh, laisse-moi voir ta beauté quand les témoins sont partis
Let me feel you moving like they do in Babylon
Laisse-moi te voir bouger comme ils faisaient à Babylone
Show me slowly what I only know the limits of
Montre-moi lentement ce que je connais seulement des limites
Dance me to the end of love
Fais-moi danser jusqu’à la fin de l’amour
Dance me to the end of love
Fais-moi danser jusqu’à la fin de l’amour

Dance me to the wedding now, dance me on and on
Fais-moi danser au mariage d’aujourd’hui, fais-moi danser encore et encore
Dance me very tenderly and dance me very long
Fais-moi danser très tendrement et fais-moi danser encore
We're both of us beneath our love, we're both of us above
Nous sommes tous les deux au-dessous de notre amour, nous sommes tous les deux au-dessus

Dance me to the end of love
Fais-moi danser jusqu’à la fin de l’amour
Dance me to the end of love
Fais-moi danser jusqu’à la fin de l’amour

Dance me to the children who are asking to be born
Fais-moi danser pour les enfants qui demandent à naître
Dance me through the curtains that our kisses have outworn
Fais-moi danser à travers les rideaux que nos baisers ont usés
Raise a tent of shelter now, though every thread is torn
Dresse une tente pour nous servir d’abri maintenant, bien que tous les fils soient brisés
Dance me to the end of love
Fais-moi danser jusqu’à la fin de l’amour

Dance me to your beauty with a burning violin
Fais-moi danser jusqu’à la beauté avec un violon en flammes
Dance me through the panic till I'm gathered safely in
Fais-moi danser à travers le chaos jusqu’à ce que je sois à l’abri
Touch me with your naked hand or touch me with your glove
Touche-moi de ta main nue ou touche-moi de ton gant
Dance me to the end of love
Fais-moi danser jusqu’à la fin de l’amour
Dance me to the end of love
Fais-moi danser jusqu’à la fin de l’amour
Dance me to the end of love
Fais-moi danser jusqu’à la fin de l’amour

[Traduction par R. Comte]

Voici maintenant l'interview de Leonard Cohen sur ce texte :

Dance Me To The End Of Love' ... it's curious how songs begin because the origin of the song, every song, has a kind of grain or seed that somebody hands you or the world hands you and that's why the process is so mysterious about writing a song. But that came from just hearing or reading or knowing that in the death camps, beside the crematoria, in certain of the death camps, a string quartet was pressed into performance while this horror was going on, those were the people whose fate was this horror also. And they would be playing classical music while their fellow prisoners were being killed and burnt. So, that music, "Dance me to your beauty with a burning violin," meaning the beauty there of being the consummation of life, the end of this existence and of the passionate element in that consummation. But, it is the same language that we use for surrender to the beloved, so that the song -- it's not important that anybody knows the genesis of it."

"C’est étrange comme les chansons commencent, chaque chanson, comme une graine ou une bouture que quelqu’un vous tend ou que le monde vous offre. C’est pourquoi le processus qui consiste à écrire une chanson est si mystérieux. Mais celle-ci m’a été inspirée après avoir entendu parler, ou lu, ou simplement par le fait de savoir que, dans les camps d’extermination, à côté du crematorium, dans certains de ces camps de la mort, un quatuor à cordes avait été obligé de donner un concert alors que l’horreur était à l’œuvre, eux dont la destinée était une pure horreur. Et ils jouaient de la musique classique pendant que leurs compagnons étaient tués et brûlés. Ainsi,  cette phrase « Dance me to your beauty with a burning violin », qui évoque la beauté qui se consume avec la vie, la fin de l’existence et l’annihilation qu’entraîne aussi la passion. Ce sont les mêmes mots que l’on emploie pour s’abandonner à l’amour; c'est pourquoi il n'est pas important que l'on connaisse la genèse de cette chanson." [Traduction : RC]

Je pense que cet éclairage vous permettra, sinon de comprendre toutes les subtilités de ce texte, du moins vous permettra d'en mesurer la profondeur. 

Reste à savoir pourquoi Valérie Lemercier a mis cette chanson à la fin de son film ? Peut-être ses sonorités lui ont-elle simplement plu ? Peut-être a-t-elle voulu indiquer que son film n'était pas qu'une comédie...  Il est vrai qu'il parle d'une histoire d'adoption ratée et qu'au fond, le sujet amène à réfléchir. Si quelqu'un a la clé de cette énigme, je suis preneur.  

samedi 16 novembre 2013

CINEMA : L'EXTRAVAGANT VOYAGE DU JEUNE ET PRODIGIEUX T.S.SPIVET


J'ai eu un véritable coup de coeur avec ce film au titre impossible "L'extravagant voyage du jeune et prodigieux T.S. Spivet" du réalisateur français Jean-Pierre Jeunet. Dans l'esprit de Hugo Cabret, c'est un film que je conseille à tous ceux qui ont conservé le sens de l'émerveillement.

J'en parle plus longuement sur mon blog cinéma : Cinérock07

dimanche 3 novembre 2013

LETTRE OUVERTE A MME NATACHA POLONY

Veuillez excuser mon long silence sur ce blog. Tous ceux qui me connaissent en savent les raisons. Ca va enfin mieux et les choses reprennent leur cours. Ce n'est pas parce que je me suis tu que je me suis aussi bouché les yeux et les oreilles. Bien au contraire.



Je voudrais vous faire part d'une réaction que m'a suscité une réflexion idiote d'une chroniqueuse qui intervient toutes les semaines dans l'émission de Laurent Ruquier "On n'est pas couché". Très souvent, ses remarques coupantes, acerbes, son ton supérieur et persifleur m'ont indisposé, d'autant plus que, comme elle est cultivée et intelligente et qu'elle a le sens de la repartie, il faut être aguerri pour lui river son clou. Il est clair que, comme le dirait élégamment Guy Bedos (sans parler de son fils Nicolas, souvent encore plus cru!), "elle n'est pas la moitié d'une c...e") : agrégée de lettres modernes, diplômée de Sciences Po. Cela ne l'autorise pas, bien au contraire, à dire n'importe quoi. Et c'est là le drame ! Je constate de plus en plus, dans ce que l'on désigne par l'expression bien française de "talk-show", une recrudescence exponentielle de ces personnes qui, parce qu'ils passent à la télé et n'ont aucun contradicteur qui ose les affronter (pour un tas de raisons qu'il serait trop long d'énumérer ici), se croient autorisés à dire n'importe quoi sur quelque sujet que ce soit.

Or tout n'est pas permis.

Je rappelle les faits : Mme Polony a mis sur son compte Twitter une photo représentant une mendiante (supposée Roumaine), le bas du corps enveloppé dans une couverture griffée Givenchy, accompagnée du commentaire suivant :  

"Leonarda de retour en France pour la fashionweek"

Suite à la levée de boucliers soulevée par cette phrase, Natacha Polony a retiré la photo en ajoutant :

"Bon, une photo insolite envoyée par un ami et un trait d'humour pas très drôle. C'est tout." 

Certains ont pris ce nouveau commentaire pour une excuse. Ce n'est pas mon avis. Si elle veut s'excuser, je lui suggère d'adopter une formule toute simple et qui ne portera à aucune autre interprétation. Elle pourrait dire, tout simplement :

"Je vous prie de m'excuser. Mon commentaire de cette photo était stupide et je le regrette." 

Point.

Tout le monde a le droit de se tromper et de faire des commentaires stupides, surtout avec l'usage immodéré que font nos contemporains des réseaux sociaux et des téléphones portables. On voit, on réagit sur l'instant et on se croit autorisé (surtout lorsqu'on a une certaine notoriété) à dire n'importe quoi pour faire un bon mot et épater la galerie sans réfléchir aux conséquences. Or, une personne connue est beaucoup plus exposée que vous et moi aux réactions des internautes et les conséquences du moindre dérapage peuvent être dévastatrices. Désormais, le conseil que nous donnaient nos grands-parents de "tourner notre langue sept fois dans notre bouche avant de parler" prend encore tout son sens.

C'est pourquoi, ce qui me choque dans cette affaire, ce n'est pas le commentaire initial de Mme. Polony, écrit sur le coup, sans réfléchir aux conséquences, c'est son second, qu'elle présente comme une excuse. Le "C'est tout" était de reste. Il est particulièrement choquant et bien dans l'esprit de la dame. Chez Ruquier, elle clôt souvent ses commentaires par ce genre d'expression lapidaire, accompagnée d'un sourire appuyé (l'air de dire : "Je t'ai bien eu, mon coco, c'est qui la plus forte ?") clouant ainsi le bec à son interlocuteur qui n'y peut mais. Dans le cas qui nous occupe, alors qu'elle a eu tout le temps de réfléchir, cela dénote tout simplement du mépris. Mépris des critiques méritées que la blanche colombe qu'elle est a reçues et surtout mépris pour son sujet : cette pauvre femme quémendant quelques sous enroulée dans une couverture Givenchy (sans doute fausse).

"C'est tout." Non, ce n'est pas tout, Mme. Polony, loin de là ! En terminant votre phrase par "C'est tout", vous avez l'air de dire que ce n'est rien, que c'est une broutille.

Or, ce n'est pas rien :  dites-vous que ce n'est pas rien pour les 130 000 hommes, femmes et enfants anonymes qui ont faim et froid dans notre pays et ravalent leur fierté pour quémander ainsi dans la rue (voir ici les données sur les SDF en France). Ce n'est pas rien pour ces 960 000 personnes qui vont demander de l'aide aux Restos du coeur (chiffres 2012-2013). C'est sûr, avec vos 1400 € par émission (et je ne parle que de votre "prestation" - je devrais plutôt dire "votre caquetage" - chez Ruquier !), vous vivez dans un autre monde. C'est cela le drame : le fossé qui se creuse de plus en plus entre les gens comme vous et les laissés pour compte.

Je n'ai rien de personnel contre vous, Mme. Polony. Ce que je ressens, vis-à-vis de ce genre de propos qui se veulent des traits d'esprit, c'est un grand malaise.

Et je ne peux m'empêcher de penser qu'on n'est pas loin de ce qui se passait à la veille de la Révolution française : d'un côté, les riches qui se défient en bons mots à la cour d'un roi qui n'était pas pire que son prédecesseur mais dont on sait comment il a fini, et les pauvres, qui triment et crèvent de faim et de froid.

Vous, justement, qui êtes intelligente et cultivée, qui émettez (parfois) des idées de gauche, vous devriez réfléchir d'autant plus.

Et si mes propos vous blessent, pensez à tous ceux que vos propos ont blessés.

mercredi 2 octobre 2013

POP : GIRLS IN HAWAÏ "MISSES"

Encore une découverte d'un groupe musical par Télérama (n°3320 du 28/08/2013) qui leur réserve un article élogieux sous la plume de Hugo Cassavetti : Girls in Hawaï. Malgré leur nom, il s'agit de garçons belges qui chantent en anglais. Misses est dédié à Denis Willemans, le batteur du groupe, qui était aussi le frère cadet d'Antoine, le chanteur de Girls in Hawaï, mort dans un accident de la route en 2010.


Misses (paroles/lyrics)
Manques

There is always the sound,
Il y a toujours le son
Are you hearing it too
L’entendez-vous, vous aussi ?
How it's weird living inside the town.
Comme il est étrange de vivre dans la ville
Empty days without you.
Ces jours vides sans toi

There is always a fall
Il y a toujours une fin
But it happened too soon.
Mais elle est arrivée trop tôt
How can I see the living all around,
Comment peut-on voir la vie qui continue
When I struggle with you
Quand je lutte avec toi
There is always a clock
Il y a toujours une horloge
Gods beyond, by the curve
Des dieux au-delà, le virage
What's the point to give in
Où est le moment où l’on cède
To desperation? to desperation...
au désespoir, au désespoir

Youth in the sun drowned in broken seas
Jeunesse dans le soleil noyée dans la tempête
Cruising the summer sands
Traversant les sables de l’été
Despite all the bruises coming from the side
En dépit de toutes les meurtrissures de la vie
You'll always be young and amused (and amused)
Tu resteras jeune et tu t’amuseras à jamais

I miss you...

Tu me manques

[Traduit par Roland Comte]

UN MOMENT DE GRACE : EXTRAIT DU FILM "LADIES IN LAVENDER"

Voici un court extrait du film "Ladies in lavender" (titre français : Les dames de Cornouailles) de Charles Dance dans lequel Daniel Brühl joue le rôle d'un jeune violoniste polonais recueilli, amnésique, après un naufrage en Cornouailles. A cet endroit du film, la mémoire lui revient lorsqu'il entend un violoneux local. Il lui emprunte un instant son violon pour interpréter, à la stupéfaction de tous, cette Fantaisie pour violon et orchestre. L'interprète original du morceau est le grand violoniste américain Joshua Bell.

dimanche 22 septembre 2013

MUSIQUE : LONDON GRAMMAR "WASTING MY YOUNG YEARS"

Ceux qui me suivent et me connaissent sauront pourquoi je suis resté silencieux depuis un mois. Pour ce retour, je voudrais partager avec vous une découverte musicale que je viens de faire grâce au site Sens critique auquel je suis abonné. Le groupe est formé de trois musiciens anglais, deux garçons et une fille (la chanteuse). Il s'appelle London Grammar. Le morceau s'intitule : "Waisting my young years". J'espère que, comme moi, vous allez aimer...

 

Wasting My Young Years:
Gâcher mes jeunes années
(Verse)
You cross this line
Tu as franchi la ligne
Do you find it hard to say it with me tonight?
Penses-tu qu’il est difficile de me le dire ce soir ?
I’ve walked these miles but I’ve walked in straight line
J’ai marché pendant des kilomètres mais j’ai marché en ligne droit
You’ll never know what was there to be/Fine
Tu ne sauras jamais ce que ça fait que de se sentit bien

(Pre-Chorus)
I’m wasting my young years
J’ai franchi la ligne
It doesn’t matter here
Cela n’a plus d’importance
I’m chasing more ideas
Je poursuis toujours plus d’idées
It doesn’t matter here
Cela n’a plus d’importance
(Chorus)
Maby…
Peut-être
We are
Nous sommes
We are
Nous sommes
Maybe, I’m wasting my young years
Peut-être suis-je en train de gâcher mes jeunes années
Maybe…
Peut-être
We are
Nous sommes
We are
Nous sommes
Maybe, I’m wasting my young years
Peut-être, suis-je en train de gâcher mes jeunes années

(Verse)
Don’t you know that it’s all I feel?
Tu ne sais pas que c’est tout ce que je ressens ?
I wouldn’t worry, you have all the love
Je ne voudrais pas m’en faire, tu as tout mon amour
I’ve heard it takes some time to get it behind
J’ai entendu dire que ça prend du temps d’accepter

(Pre-Chorus)
I’m wasting my young years
It doesn’t matter here
I’m chasing more ideas
It doesn’t matter here

(Chorus)
Maybe
We are
We are
Maybe, I’m wasting my young years
Maybe…
We are
We are
Maybe, I’m wasting my young years

I don’t know what you want
Je ne sais pas ce que tu veux
Don’t leave me hanging on
Ne me laisse pas en plan
Don’t know what you want
Je ne sais pas ce que tu veux
Don’t leave me hanging on

Ne me laisse pas en plan

[Traduit par Roland Comte. Merci à Anonyme pour m'avoir indiqué une petite erreur de traduction que je viens de corriger 24/04/2014]

mercredi 21 août 2013

BRADLEY MANNING RISQUE 60 ANS DE PRISON


Aujourd'hui Bradley Manning doit connaître le verdict de la Cour martiale américaine qui le juge pour avoir transmis 700 000 documents classés confidentiel défense au site Wikileaks qui les a publiés. Bradley Manning, 25 ans, est un de ces whistleblowers (lanceurs d'alerte) de plus en plus nombreux aux Etats-Unis et dans le monde qui révèlent des faits pour eux inadmissibles dans le seul but de faire avancer la vérité.

Toutes les grandes organisations de défense des droits de l'homme, en particulier Amnesty International ou Reporter sans frontières ont dénoncé :

"Les conditions d’incarcération de Bradley Manning, le procès inéquitable dont il a fait l’objet et le manque de transparence des débats en disent long sur le sort ici réservé aux donneurs d’alerte, au mépris des règles élémentaires de l’État de droit. Edward Snowden aurait toutes les raisons de craindre des mesures de persécution, au sens donné à ce terme par la Convention de Genève, en cas de retour aux États-Unis” [Reporters sans frontières].

Cette évolution est inquiétante pour la transparence des informations, la vérité et les libertés fondamentales. Les Etats-Unis d'Obama ne sont pas ce qu'ils disent être : une démocratie.

D'autres américains sont poursuivis par les Etats-Unis pour avoir dénoncé les pratiques d'espionnage de la vie privée des citoyens, non seulement dans ce pays mais dans le monde. On ne peut que penser à George Orwell qui, dans son terrifiant roman 1984 (publié en 1949, dénonçait déjà la dictature policière d'un état totalitaire mondial.  

Pensons à :


mais aussi...

  • Daniel Ellsberg (82 ans) qui a pris la défense d'Edward Snowden 
  • Glenn Greenwald, (46 ans) journaliste du Guardian, et son compagnon David Miranda, récemment arrêté à Londres après son retour d'Allemagne

et de nombreux autres lanceurs d'alertes qui se battent pour défendre notre liberté.

CARNET NOIR : CURIOSITE


Aquarelle de Jean-Michel Folon

Entendu sur France Inter (Chronique musicale de Kent : Vibrato) :

"La culture, ce n'est que de la curiosité"

Cette phrase m'a fait réfléchir car, je pense en effet qu'un être curieux devient, par la force des choses, cultivé. 

La curiosité est avant tout une marque d'intelligence, pas uniquement chez l'être humain, d'ailleurs, mais aussi chez les animaux. Je le vois avec Arthur : il s'intéresse à tout ce que nous faisons. Rocou, la colombe qui a vécu avec nous pendant 11 ans, était elle aussi intéressée par tout ce qui se passait dans la maison. Lorsque nous recevions quelqu'un, elle ne manquait pas de venir voir ce qui se passait. Arthur est pareil, sauf que, malheureusement, il ne peut pas se déplacer. Il n'en montre pas moins son intérêt en tendant le cou et en ouvrant grand ses magnifiques yeux. 

C'est vrai aussi pour les humains. Ceux qui sont fermés aux autres, au monde, qui ne s'intéressent pas à ce qui se passe autour d'eux, même si leur intelligence ne peut être mise en question, n'évoluent pas. Au contraire de ceux qui s'intéressent à tout, qui ont l'esprit en éveil, les yeux et le coeur ouvert : c'est ainsi que l'on apprend, que l'on enregistre et que l'on acquiert des connaissances. C'est ainsi que j'ai fait la plupart de mes découvertes que je vous fais ensuite partager sur ce blog, qu'il s'agisse de musique, de peinture, de littérature, de poésie ou d'architecture...   

[Ce post est illustré par une aquarelle du peintre belge Jean-Michel Folon que j'aime beaucoup et dont j'ai souvent parlé dans ce blog. L'un de mes rêves est d'aller visiter sa fondation à La Hulpe en Belgique]. 

dimanche 4 août 2013

LES VACANCES DU CARNET NOIR - 2

[Suite du post du 03/08/2013]


Nicolas de Staël - La route

"La nuit, lorsque je rêve, je pars dans un autre monde vivre des aventures qui ne sont pas toujours agréables ni drôles, elles sont même souvent effrayantes ou traumatisantes, mais elles sont. Alors que ma vie de tous les jours, malgré tous les intérêts qui sont les miens, me paraît fade, incomplète, entre parenthèses. Bien sûr, je ne me plains pas. J'ai un toit sur la tête, de quoi manger, j'ai des amis. Je vis. Je ne montre rien. Mais pour moi cette vie quotidienne qui se déroule est insipide, incomplète, sans beaucoup d'intérêt. Je sais que j'ai encore tant à faire et que le temps passe très rapidement, trop rapidement sans que je puisse réaliser quoique ce soit tant je suis englué dans la réalité comme si j'étais pris dans des sables mouvants. J'ai peu de bouger de crainte de m'enfoncer davantage et d'être englouti dans le néant et cette peur me paralyse. Comment mieux l'exprimer ? J'ai peu de vivre sachant que rien de ce que je ferai dans ce que l'on appelle la réalité ne me rapprochera de cet autre monde qui est celui de mes rêves et qui représente pour moi la seule réalité. C'est aussi pourquoi je suis fasciné par des auteurs comme Rilke ou des peintres comme Nicolas de Staël qui ont passé leur vie à chercher, à se chercher, ou à chercher à dépeindre cet autre monde qui était leur réalité. Pour les deux (Rilke est mort épuisé par sa quête, Staël s'est suicidé en se jetant du haut de son atelier à Antibes), ce fut un échec. Sauf qu'ils ont laissé une oeuvre magnifique, ce qui ne sera pas mon cas." 

"C'est comme si mon vrai moi était ailleurs" 
Tom dans "La femme du Ve" de Douglas Kennedy 

samedi 3 août 2013

BRADLEY MANNING, EDWARD SNOWDEN, JULIAN ASSANGE & OTHERS


Voici le message que j'ai envoyé hier à Barak Obama sur le site des pétitions en ligne de la Maison Blanche, intitulé We the people. 

Je vous invite à faire comme moi. Il n'est pas indispensable d'écrire en anglais, vous pouvez aussi le faire en français.

"I am a French citizen and I love the USA. I reckon every democracy has to struggle against terrorism. But I consider the doggedness against Bradley Manning, Edward Snowden, Julian Assange and others who revealed the secret wrongdoing of the American administration as an heroic behavior. As a democrat myself, I am very disillusioned with president Obama's commitments about closing Guantanamo and releasing innocent prisoners illegally detained,  stop torturing practices, etc.

I hope my American friends will change their mind soon and prove to other nations they are the leader of freedom all around the world."

[Je ne me faisais pas beaucoup d'illusions sur la suite qui serait donnée à ce message mais je me dois d'informer mes lecteurs que, plus d'un an après, je n'ai pas reçu la moindre réponse de la Maison Blanche.]

LES VACANCES DU CARNET NOIR -1

Comme il y avait eu les vacances du Carnet bleu, il y a eu celles du Carnet noir. En effet, je l'avais égaré depuis quelque temps, ce qui  explique en partie mon silence... Je viens de le retrouver, entassé sous une pile de documents à trier.


Voici ce que j'ai écrit lors de nos "retrouvailles" :

"Depuis quelque temps, j'avais à nouveau égaré ce carnet comme je l'avais fait avec mon Carnet bleu. Il me manquait. Pendant cette période, j'ai lu tout un tas de livres, la plupart en anglais : ceux de Cecelia Ahern (dont j'ai déjà parlé ici, voir mes posts des 08/02/201311/6/201313/6/2013, un livre de Kathy Fforde, que j'aurais voulu pouvoir faire lire à ma mère (mais il n'est malheureusement pas traduit en français), deux livres de Gerald Durrell, le grand naturaliste, frère cadet de Lawrence Durrell, etc. 
Dans le genre fantastique, j'ai aussi entamé une nouvelle série des livres de l'auteur australien Garth Nix, l'auteur de la trilogie Sabriel. C'est une série dédiée à un public plus jeune, basée sur les jours de la semaine. Le héros s'appelle Arthur. Tiens donc ! C'est un adolescent de 12 ans diminué par de l'asthme et qui est, malgré tout, amené dans un monde parallèle régi par le temps, à sauver le monde. 

J'aime beaucoup cette approche. Le thème du temps m'a toujours fasciné, sans parler de celui des mondes ou des dimensions parallèles qui se superposent, ou plutôt, dans le cas de Garth Nix, s'interpénètrent avec la nôtre. Quant à Arthur, il est, comme la plupart des superhéros de bandes dessinées, devenus depuis quelque temps des héros de films, un être souffrant d'un handicap dans sa vie normale mais doué de pouvoirs surhumains dans l'autre monde, comme c'est le cas pour Superman, l'Archer vert, Batman ou Spiderman...  

Dans une autre série que je viens de lire, le héros, Grégor, est un jeune garçon du même âge qu'Arthur qui, par une faille située dans la buanderie de l'immeuble qu'il habite avec sa famille, se retrouve contraint et forcé de prendre la tête d'un monde souterrain peuplé de cafards et de rats géants, afin de venir en aide à des gens qu'il ne connaît pas. 

Lui aussi, dans sa vie humaine, n'a rien d'un super-héros : il est pauvre, sa famille vit chichement, on le chahute à l'école car il est mal habillé, etc. 

Je suis admiratif de ces auteurs qui arrivent à nous entraîner dans un monde imaginaire qu'ils ont inventé de toutes pièces, riche, déconcertant, où les valeurs sont différentes de celles auxquelles on est habitués. 

C'est aussi comme cela que fonctionne le rêve. 

Depuis quelque temps, en fait après avoir refait un rêve dans lequel est revenu ce paysage que j'ai si souvent vu en rêve, je me suis mis à retaper, en partant des tout premiers, les rêves que j'avais notés depuis 1974. Actuellement, j'en suis à plus de 500. C'est fascinant. 

Pour ce paysage qui revient sans cesse depuis des années, je voudrais comprendre comment le puzzle s'assemble car, sur la durée, on se rend bien compte qu'il y a un ordre, même s'il échappe au début. Dans le cas de ce paysage onirique, il y a une véritable géographie que j'ai tenté, sans y parvenir vraiment, de transcrire sous forme de dessin. Il y a un village de pêcheurs, qui revient toujours, un village méditerranéen, aux petites maisons blanches, desservies par des calades empierrées. Il y a un petit port, dans lequel la mer s'engouffre par moments avec violence. Un peu plus loin, il y a une grande ville, avec une place entourée de colonnades, des magasins (en particulier un magasin qui vend des produits orientaux, des épices, des patisseries arabes), un bouquiniste avec des livres ésotériques, etc. 

J'aimerais être assez doué en dessin ou en peinture pour dessiner tout cela car, dans mes rêves, ce paysage est aussi clair, aussi précis, que s'il s'agissait de photos. 

Je suis convaincu que cette ville existe, quelque part, peut-être dans une autre dimension du temps ou de l'espace et que je ne peux l'avoir inventée. 

De mêmes que certaines situations qui, depuis des années, reviennent : des scènes où je suis militaire (alors qu'à part pour la période de service militaire que j'ai faite), je n'ai fait aucune guerre et ne me suis jamais trouvé dans un conflit armé. 

Je vis avec cela, en permanence, même si je n'en parle pas ou peu... 

C'est une souffrance car j'ai l'impression d'être coupé en deux. Il y a ma vie, normale, plutôt terne, dans laquelle il ne se passe pas grand chose et cette autre vie que je vis en rêve.

Si j'avais le don de l'écriture, je pourrais en faire des romans fantastiques. J'aimerais beaucoup. Mais je ne crois pas avoir le talent suffisant pour créer des personnages, les doter d'une personnalité et de sentiments, les faire évoluer dans un monde imaginaire..."

[La suite au prochain post]

FLASH MOB : TCHAIKOVSKY "VALSE DES FLEURS"

10 mars 2013, en Israel, 40 étudiants de la Jerusalem Academy of Music and Dance interprétant la Valse des Fleurs tirée de Casse-Noisette de Tchaikovsky. Cette scène se déroule dans un hôpital à l'occasion du Good Deeds Day instauré en 2007.

vendredi 19 juillet 2013

GUSTAV MAHLER : 8ème SYMPHONIE (dite "Des Mille)

Performance exceptionnelle enregistrée pour Arte au dirigée par Christoph Eschenbach au Palais Omnisports de Paris-Bercy le 6 mars 2008 avec 800 interprètes sous la direction du chef d'orchestre allemand et pianiste Christoph Eschenbach à la tête de l'Orchestre de Paris. Diffusion sur Arte courant 2008. Distribution Christoph Eschenbach, direction Ange Leccia, création scénographique Twyla Robinson, soprano Erin Wall, soprano Marisol Montalvo, soprano Nora Gubisch, alto Annette Jahns, alto Nikolai Schukoff, ténor Franco Pomponi, baryton Denis Sedov, basse Choeur de l’Orchestre de Paris / Didier Bouture et Geoffroy Jourdain, chefs de choeur Wiener Singverein / Johannes Prinz, chef de choeur London Symphony Chorus / Joseph Cullen, chef de choeur Maîtrise de Radio France / Marie-Noëlle Maerten, chef de choeur Et les choeurs d’enfants rassemblés par l’ARIAM Ile-de-France : Le Choeur d’enfants de Levallois / Le Choeur d’enfants Nadia Boulanger L’Inchoeurigible / Les Polysons / La Maîtrise Saint Christophe de Javel Stéphane Fiévet, mise en espace et coordination artistique Cette oeuvre monumentale est rarement jouée car sa principale difficulté est de pouvoir rassembler autant de musiciens et d'autre part de lui trouver un cadre assez grand pour pouvoir l'accueillir. Elle est en outre très exigente sur le plan musical et recèle pour les interprètes des sommets d'obstacles techniques.

jeudi 11 juillet 2013

POUR SALUER L'ETE : "AUBE" D'ARTHUR RIMBAUD


J’ai embrassé l’aube d’été.
Rien ne bougeait encore au front des palais. L’eau était morte. Les camps d’ombres ne quittaient pas la route
du bois. J’ai marché, réveillant les haleines vives et tièdes, et les pierreries regardèrent, et les ailes
se levèrent sans bruit.
La première entreprise fut, dans le sentier déjà empli de frais et blêmes éclats, une fleur qui me dit son nom.
Je ris au wasserfall blond qui s’échevela à travers les sapins : à la cime argentée je reconnus la déesse.
Alors je levai un à un les voiles. Dans l’allée, en agitant les bras. Par la plaine, où je l’ai dénoncée au coq.
A la grand’ville elle fuyait parmi les clochers et les dômes, et courant comme un mendiant sur les quais de marbre,
je la chassais.
En haut de la route, près d’un bois de lauriers, je l’ai entourée avec ses voiles amassés, et j’ai senti un peu
son immense corps. L’aube et l’enfant tombèrent au bas du bois.
Au réveil il était midi.

Arthur Rimbaud, Illuminations

dimanche 7 juillet 2013

James ARTHUR "IMPOSSIBLE"

Je viens de voir ce clip et d'entendre cette interprétation de la chanson Impossible par un chanteur anglais inconnu. J'ai beaucoup aimé. Aussi, je voudrais vous faire partager ma découverte.



Impossible est une chanson dont l'artiste originaire des Barbades, Shontelle, a fait un succès international. Les paroles et la musique en ont été écrites par deux artistes suédois, Arnthor Birgisson and Ina Wroldsen. La chanson Impossible fait partie du second album de Shontelle, No Gravity (2010). James Arthur s'est fait connaître en Grande Bretagne après avoir choisi d'interpréter cette chanson lors de l'émission The X Factor, le 9 décembre 2012.

Paroles/lyrics

I remember years ago
Je me souviens qu'il y a des années
Someone told me
Quelqu'un m'avait dit
I should take
De faire gaffe
Caution when it comes to love
Quand viendrait l'amour
I did, I did
J'ai fait gaffe, j'ai fait gaffe

And you were strong and I was not
Et tu étais forte et pas moi
My illusion, my mistake
Mes illusions, mes erreurs
I was careless, I forgot
J'ai été négligent
I did
Oui, je l'ai été
And now when all is done
Et maintenant que tout est fini
There is nothing to say
Il n'y a plus rien à faire
You have gone and so effortlessly
Tu es partie sans regarder en arrière
You have won
Tu as gagné
You can go ahead tell them
Tu peux aller de l'avant, dis-le leur !

Tell them all I know now
Dis-le leur, je sais je sais, 
Shout it from the roof tops
Crie-le sur les toits
Write it on the skyline
Ecris-le sur la ligne d'horizon
 All we had is gone now
Tout ce que nous avions s'est en allé 
maintenant

Tell them I was happy
Dis-leur que j'étais heureux
And my heart is broken
Que mon coeur est brisé 
All my scars are open
Que mes cicatrices sont ouvertes
Tell them what I hoped would be
Dis-leur que ce que j'espérais
Impossible, impossible
Etait impossible, impossible
Impossible, impossible
Impossible, impossible

Falling out of love is hard
Un chagrin d'amour c'est toujours dur 
Falling for betrayal is worst
Etre trahi l'est plus encore 
Broken trust and broken hearts
Confiance et coeur brisés
I know, I know
Je sais, je sais,
Thinking all you need is there
Pensant que tout ce dont tu as besoin est là
Building faith on love and words
Construisant la foi sur l'amour et les mots
Empty promises will wear
Les vaines promesses s'useront
I know, I know
Je sais, je sais,
And now when all is gone
Et maintenant que tout s'est enfui
There is nothing to say
Il n'y a plus rien à dire 

[ From: http://www.metrolyrics.com/impossible-lyrics-shontelle.html ]

mercredi 3 juillet 2013

HOMMAGE A KAFKA


Photo de Kafka (1906) par Sigismond Jacobi (libre de droits)

Aujourd'hui, 3 juillet 2013, Google nous rappelle par un de ces célèbres "doodles", que l'on célèbre les 130 ans de la naissance de l'écrivain pragois (la Tchécoslovaquie n'existait pas alors) Franz Kafka. S'il y a bien un écrivain de l'onirisme, c'est lui et c'est pourquoi je lui fais une petite place sur ce blog.

Franz Kafka est né à Prague en 1883. De santé fragile, il mourut le 3 juin 1924, seulement âgé de  40 ans, sans doute de tuberculose et de malnutrition, au sanatorium de Kierling, près de Vienne. 

On associe à l’homme l’adjectif de « kafkaïen » qui indique une situation inextricable, absurde et cauchemardesque inspirée par sa nouvelle la plus emblématique, la Métamorphose.

Dans ce court texte, le héros, Gregor Samsa, un commis voyageur, se réveille un matin transformé en un «monstrueux insecte», une sorte de cafard géant.  Lorsqu’il essaie de se lever pour aller travailler, il ne le peut pas car il est sur le dos. Son employeur, inquiet de son absence, envoie chez lui l’un de ses employés. Gregor, après avoir longuement lutté pour se mettre sur le ventre, parvient enfin à quitter son lit et à ouvrir à son collègue qui, en le voyant, s’enfuit terrifié. Quant à la famille de Gregor, ne comprenant pas que, malgré son apparence, il est toujours un humain, elle l'enferme et le rejette. Seules sa mère et sa soeur le prennent en pitié mais sa mère ne peut supporter sa vue. Dans un premier temps, sa soeur Grete avec laquelle il est très liée lui apporte à manger et nettoie sa chambre mais Gregor souffre cruellement de compagnie et du manqe d’amour. Comme il ne peut plus travailler, le loyer n’est plus payé et une partie de l’appartement doit être loué. Un soir, Gregor, attiré par le son d’un violon, sort de la chambre. C’est sa sœur qui joue un air de musique pour les locataires. Malheureusement, dès qu’ils aperçoivent ce qu’ils prennent pour un monstrueux cafard, ceux-ci s’enfuient sans payer. Sa famille prend alors la décision de se débarrasser de l’insecte. Gregor,  désespéré par le rejet de sa famille et surtout de sa sœur, en laquelle il avait mis tous ses espoirs, arrête de se nourrir et, un matin, on le retrouve mort. Bien sûr sa famille est triste mais, victime de son conformisme et des conventions, elle est surtout soulagée de la disparition du monstrueux importun.

Depuis sa publication, la Métamorphose a  été associée  par les critiques à l'existentialisme et au Surréalisme, qu’elle anticipe de plusieurs décennies. Mais si la portée de ce texte est universelle, c’est qu’on peut tous se reconnaître dans la situation effrayante qu’elle dépeint : en effet, comment ne pas se poser la question ? Comment réagirions-nous si, soudainement, un membre de notre famille, se trouvait transformé en un être monstrueux avec lequel nous ne pouvons plus communiquer ? Agirions-nous autrement que la famille de Grégor, pas si sûr…

La Métamorphose est l’aboutissement d'une réflexion initiée dans sa « Lettre au père » qu’écrivit Kafka en 1919 mais qu’il ne lui remit jamais. Cette lettre est un terrible réquisitoire contre son père, un homme dur, manipulateur, que les spécialistes de la psychologie ont depuis catégorisé comme un pervers narcissique, dont la personnalité était à l’opposé de celle de son fragile fils.


A part La Métamorphose, Kafka est aussi connu pour deux autres romans : Le Procès et Le Château. Comme le reste de son œuvre, ils se caractérisent par une ambiance cauchemardesque, sinistre, où la bureaucratie et la société impersonnelle ont de plus en plus de prise sur l'individu. L'œuvre de Kafka est vue comme symbole de l'homme déraciné des temps modernes. D'aucuns pensent cependant que l'œuvre de Kafka est uniquement une tentative, dans un combat apparent avec les « forces supérieures », de rendre l'initiative à l'individu, qui fait ses choix lui-même et en est responsable ».

samedi 22 juin 2013

LES SUCCES D'AVAAZ

Parmi mes amis, beaucoup baissent les bras devant toutes les horreurs qui se passent de par le monde en raison de la méchanceté, de la lutte pour l'argent et le pouvoir, ou tout simplement la bêtise humaine : atteinte aux droits des femmes, des enfants, des animaux, atteintes aux libertés fondamentales, etc. Je ne suis pas naïf et je sais bien qu'on ne peut pas faire grand chose mais faisons au moins ce que nous pouvons faire. En ce qui me concerne, je m'engage chaque fois que la cause me semble juste en signant des pétitions. Je sais que c'est peu mais c'est déjà mieux que de ne rien faire et de se lamenter (ou pire, ignorer ce qu'on ne peut accepter). Ce que je voudrais dire, c'est qu'Internet nous permet en quelques clics de faire avancer certaines causes. Je ne vous citerai que quelques organismes non gouvernementaux comme AVAAZ (le Télérama de cette semaine consacre d'ailleurs un article à cette organisation internationale) et aux victoires obtenues. Voici quelques uns des dossiers sur lesquels les pétitions rassemblées par AVAAZ ont porté leurs fruits : 


  1. Novembre 2012 (17 millions de signatures recueillies) : Accueil de la Palestine à l'ONU
  2. Octobre 2012 (16 millions de signatures) : suite à la tentative d'assassinat de la jeune Malala, le gouvernement pakistanais a réalisé son rêve et lancé un programme officiel de bourses qui va permettre à 3 millions d'enfants d'aller à l'école.
  3. Juillet 2012 (15 millions de signatures) ont permis une avancée considérable sur les droits des travailleurs migrants au Bahreïn
  4. Mai 2012 (14 millions de signatures) ont permis de repousser la loi sur l'exploitation de l'Amazonie
  5. Février 2012 : victoire obtenue par les défenseurs de l'environnement en Australie pour la préservation de la barrière de corail
  6. Janvier 2012 (12 millions de signatures) ont été obtenues pour rejeter le traité ACTA sur le contrôle de l'Internet
  7. Etc.
Pour en savoir plus, ne baissez plus les bras et signez les pétitions d'AVAAZ.

  

TOUS AUX COTES D'EDWARD SNOWDEN !



AVAAZ lance une pétition mondiale pour soutenir Edward Snowden, le jeune consultant de 29 ans qui, par civisme, a dénoncé les agissements frauduleux auxquels se livrent les agences gouvernementales américaines NSA, CIA, etc. en écoutant illégalement les communications de millions de citoyens dans le monde. Il s'est réfugié à Hong-Kong mais les Etats-Unis d'Obama viennent de lancer contre lui, comme ils l'ont fait pour Julian Assange, dondateur de Wikileaks, un mandat d'arrêt international.

Les citoyens du monde entier, attachés aux libertés publiques fondamentales, doivent se mobiliser pour lui venir en aide. Si vous croyez qu'elles doivent être défendues, signez la pétition d'AVAAZ et rejoignez les

1, 227,000 signataires (à la date du 22/06/2013) qui se sont déjà engagés.

 D'avance, merci.