"...don't be stuck in the every day reality, allow yourself to dream, have faith in your wildest dreams." [AaRON]

"Ne restez pas scotchés à la réalité quotidenne. Permettez-vous de rêver. Croyez en vos rêves les plus fous..." [AaRON]

lundi 31 décembre 2012

BONNE ANNÉE 2013 A TOUS MES LECTEURS !


Pour toutes et tous, mes souhaits les plus sincères de bonheur avec les vôtres, vos amis, votre famille... Je vous souhaite de belles rencontres esthétiques, musicales, en littérature, etc. J'espère aussi que cette année sera plus juste et plus humaine pour tous ceux qui souffrent de la misère, de l'injustice, partout en France et dans le monde.

dimanche 23 décembre 2012

LITTERATURE : "THE CASUAL VACANCY" BY J.K. ROWLING

J.K. Rowling présentant "The casual vacancy"

J'attendais avec impatience le nouveau roman de J. K. Rowling, l'auteur de la série Harry Potter, que j'ai dévorée en français puis, à partir des trois derniers opus, en anglais. Son roman, paru en septembre 2012, est totalement différent de l'univers fantastique de Harry Potter. Il traite de la vie dans un village anglais imaginaire du nom de Pagford, petite ville britannique typique, décrite comme sereine, presque idyllique, dominée par les ruines d'une abbaye du XIIème siècle, et habitée par une communauté aisée. Le roman commence par la mort par AVC de Barry Fairbrother, un conseiller paroissial engagé, dont le décès laisse "une place à prendre", traduction française de l'expression anglaise et du titre original "The casual vacancy".
Le roman est une satyre sociale sans concession de la société anglaise bien-pensante de Pagford qui ne supporte pas l'existence, aux limites immédiates de la commune, d'une banlieue populaire qui concentre les problèmes sociaux, chômage, drogue, violence, etc. Fort de ma pratique de lecture en anglais (je viens de lire coup sur coup six livres dans la langue originale), je ne pensais pas rencontrer autant de difficultés à lire ce livre. Est-ce dû au vocabulaire, qui fait constamment référence à la société anglaise actuelle, ou au style de l'auteur ? Ou bien peut-être au contenu, qui ne me passionne pas outre mesure... Je me suis beaucoup plus régalé avec PS, I love you, de l'auteur irlandais, Cecelia Ahern, qui décrit aussi une société contemporaine avec ses hauts et ses bas, mais qui le fait avec une empathie et un humour que je ne retrouve pas dans le roman de J. K. Rowling.
En outre, je ne sais pas ce que vous en pensez, mais je trouve personnellement la couverture de ce bouquin parfaitement hideuse.

mercredi 19 décembre 2012

GUERRE ET PAIX

Magritte - Colombe

"He thought of Luxa's hand pressed into Ripred's paw. That's what it would take. People rejecting war. Not one or two. But all of them. Saying it was an unacceptable way to solve their differences. By the look of things, the human race had a lot of evolving to do before that happened. Maybe it was impossible. But maybe it wasn't (...) If you had hope, maybe you could find the way to make things change. Because if you thought about it, there were so many reasons to try." 

Gregor the Overlander, in "Gregor and the code of claw" by Suzanne Collins (New York, Scholastic Inc., 2007)

"Il se rappela Luxa pressant dans sa main la patte de Ripred. C'est ce qu'il retiendrait. Les gens rejetant la guerre. Pas une seule, ou deux. Mais toutes. Dire que c'était une solution inacceptable pour trouver une solution à leurs différences. A ce qu'il semblait, la race humaine devrait encore beaucoup évoluer avant que cela n'arrive. Peut-être, après tout, que cela était impossible. Mais peut-être que non. Si vous avez de l'espoir, peut-être que vous trouverez le moyen de faire changer les choses. Car, si vous y pensez vraiment, vous trouverez des milliers de raisons pour au moins essayer."

[Essai de traduction par Roland Comte]

Cette citation conclut la pentalogie de Gregor, the Overlander, une série de cinq livres de jeunesse écrits par Suzanne Collins, l'auteur du best-seller The Hunger Games, une trilogie de science fiction dont le premier volume a été adapté au cinéma. Le deuxième volume est en cours d'adaptation et devrait sortir en 2013.  

mardi 18 décembre 2012

L'ESPOIR PAR LA MUSIQUE : LE LANDFILL HARMONIC ORQUESTRA

Regardez ce magnifique reportage sur un orchestre symphonique créé pour enseigner la musique classique à des enfants et des adolescents du bidonville de Cateura au Paraguay. L'orchestre s'appelle Landfill Harmonic Orquestra. Les instruments (violons, violoncelles, etc.) sont fabriqués à partir d'objets récupérés dans les ordures. On pourrait suggérer à certains évadés fiscaux qui ne savent pas quoi faire de leur fortune d'aider ces enfants à acheter de vrais instruments. ils pourront peut-être alors se regarder en face dans leurs glaces entourées de cadre dorés. Ça, c'est du vrai et beau "développement durable", expression qui me révolte de plus en plus tellement on la met actuellement à toutes les sauces.



Merci à Tee Cane d'avoir fait connaître cette belle action sur Facebook. Si vous voulez en savoir plus sur le Landfill Harmonic, rendez-vous ICI. 

Vous pouvez aussi aller sur le site de Matador Networks (en anglais). 

mercredi 12 décembre 2012

DÉCÈS DE RAVI SHANKAR

Ravi Shankar et sa fille Anoushka

Ravi Shankar, maître du sitar indien, vient de mourir à San Diego en Californie où il vivait. Il avait 92 ans. C'est avec nostalgie que je parle de lui car, lorsque je faisais mes études à Grenoble, je l'ai beaucoup écouté.  Son souvenir est indissociable, pour moi, de ces années de fac où nous écoutions aussi beaucoup Leonard Cohen,  Alan Stivell,Simon and Garfunkel, Joan Baez, etc. 

Pour en savoir plus, voir l'article qui lui est consacré sur Wikipedia (en français)  ou en anglais (version plus complète).  





mardi 11 décembre 2012

MUSIQUE : COLDPLAY "THE SCIENTIST"

Voici encore une vidéo d'un groupe que j'aime beaucoup. La chanson s'intitule "The scientist".




The Scientist (Le Savant)
Come up to meet you, tell you I'm sorry
Je suis venu te voir, te dire que je suis désolé
You don't know how lovely you are
Tu ne sais à quel point tu es adorable
I had to find you, tell you I need you
Il fallait que je te voie, que je te dise que j'ai besoin de toi
Tell you I set you apart
Que je te dise que tu es un être à part
Tell me your secrets, and ask me your questions
Confie- moi tes secrets, et pose-moi tes questions
Oh let's go back to the start
Oh reprenons à zéro
Running in circles, coming in tails
Tourner en rond, aller à l’aventure
Heads are a science apart
La pensée est une science à part

[Chorus/[Refrain]

Nobody said it was easy
Personne n'a dit que c'était facile
Oh it's such a shame for us to part
Oh quel dommage que nous nous séparions
Nobody said it was easy
Personne n'a dit que c'était facile
No one ever said it would be so hard
Personne n'a jamais dit que ce serait aussi difficile
Oh take me back to the start
Oh ramène-moi au début de notre histoire
I was just guessing at numbers and figures
Je ne faisais que deviner des chiffres et des nombres
Pulling your puzzles apart
Qu'essayer de percer ton mystère
Questions of science, science and progress
Les questions de science, de science et de progrès
Do no speak as loud as my heart
Ne parlent pas aussi fort que mon cœur
Tell me you love me, come back and haunt me
Dis-moi que tu m'aimes, reviens et hante-moi
Oh and I rush to the start
Oh et je cours vers la case départ
Running in circles, chasing our tails
Tourner en rond, aller à l’aventure
Coming back as we are
Revenir à ce que nous sommes vraiment

[Chorus/Refrain]

Oh ooh ooh ooh ooh ohh ( x4 )

FLASH MOB : PLACE A LA POESIE !


Portrait de J. B. Yeats par son père (reproduction libre de droits Wikipédia)

Voici un poème du grand poète irlandais John Butler Yeats (1865-1939), "Une terrible beauté", dit sur l'esplanade de La Part Dieu lors de la Biennale de Lyon 2011.

FLASH MOB : ENCORE UN SUPERBE FLASH MOB A VIENNE (Autriche)


Voici encore un superbe flash mob très réussi à la Westbanhof (gare principale de Vienne). Vous aurez reconnu un extrait des Carmina Burana de Carl Orff, ici magnifiquement interprétés par des musiciens autrichiens.

lundi 10 décembre 2012

MUSIQUE : KEANE "THIS IS THE LAST TIME"

J'ai déjà mis en ligne quelques clips-vidéo de ce groupe anglais formé en 1997.



Keane – This is the last time

This is the last time
C'est la dernière fois
That I will say these words
Que je dirai ces mots
I remember the first time
Je me rappelle la première fois
The first of many lies
Le premier de beaucoup de mensonges
Sweep it into the corner
Balaye le dans un coin
Or hide it under the bed
Ou cache le sous le lit
Say these things they go away
Dis que ces choses s'en iront
But they never do
Mais ce ne sera jamais le cas
Something I wasn't sure of
Quelque chose dont je n'étais pas sûr
But I was in the middle of
Mais que j’avais sur le bout de la langue
Something I forget now
Quelque chose que j'oublie maintenant
But I've seen too little of
Mais dont j'ai vu trop peu

The last time
La dernière fois
You fall on me for anything you like
Tu me blâmes pour tout ce que tu aimes
Your one last line
Ta toute dernière limite
You fall on me for anything you like
Tu me blâmes pour tout ce que tu aimes
And years make everything allright
Et les années font que tout s’arrange
You fall on me for anything you like
Tu me blâmes pour tout ce que tu aimes
And I no I don't mind
Et je sais que ça ne me fait rien

This is the last time
C'est la dernière fois
That I will show my face
Que je me montrerai
One last tender lie
Un dernier tendre mensonge
And then I'm out of this place
Et ensuite je me tirerai
So tread it into the carpet
Alors enfouis-le sous le tapis
Or hide it under the stairs
Ou cache sous l'escalier
Say that some things never die
Dis que ces choses ne mourront jamais
Well I tried and I tried
Enfin j'ai essayé et essayé

Something I wasn't sure of
Quelque chose dont je n'étais pas sûr
But I was in the middle of
Mais que j’avais sur le bout de la langue
Something I forget now
Quelque chose que j'ai oublié maintenant
But I've seen too little of
Mais dont j'ai vu trop peu

[Refrain X 2]

dimanche 9 décembre 2012

ANTONY & THE JOHNSONS : "RIVER OF SORROW"

Voici encore un clip vidéo de cet extraordinaire chanteur atypique qu'est Anthony Hegarty avec une belle chorégraphie classique.





MUSIQUE : SIMON & GARFUNKEL "THE SOUND OF SILENCE"

Nostalgie, nostalgie... Voici une chanson que j'ai beaucoup écoutée pendant mes études en fac : "The sound of silence" (Le son du silence) par le duo Simon and Garfunkel. Ici enregistré à Central Park à New York en 1981.



Cette chanson date de 1964 et a été enregistrée sur leur 2ème album, The sounds of silence, reprenant le titre original, avec un "s". Le 11 septembre 2011, pour le Xème anniversaire des attentats de New York,  Paul Simon La réinterpréta seul, à la guitare acoustique, sur le site de Ground Zero.


Pochette de l'album original "The sounds of silence" (1965)

Comme vous pourrez en juger, les paroles en sont assez énigmatiques :

 The sound of silence by Simon and Garfunkel
Hello darkness, my old friend,
Salut, obscurité, ma vieille amie,
I've come to talk with you again
Je suis venu discuter encore une fois avec toi
Because a vision softly creeping,
A cause d’une vision sui s’est doucement insinuée en moi,
Left its seeds while I was sleeping
Qui a semé ses graines durant mon sommeil
And the vision that was planted in my brain, still remains
Et la vision plantée dans mon cerveau demeure encore
Within the sound of silence
A l'intérieurdu son du silence

In restless dreams I walked alone,
Dans mes rêves agités je marchais seul,
Narrow streets of cobblestone
Des rues étroites et pavées
'Neath the halo of a street lamp,
Sous le halo d'un réverbère,
I turned my collar to the cold and damp
Je relevai mon col contre le froid et l'humidité
When my eyes were stabbed by the flash of a neon light,
Quand mes yeux furent éblouis par l'éclat de la lumière d'un néon,
That split the night and touched the sound of silence
Qui déchira la nuit et atteignit le son du silence

And in the naked light I saw,
Et dans cette lumière pure je vis,
Ten thousand people, maybe more
Dix mille personnes, peut-être plus
People talking without speaking,
Des personnes  discutant sans parler,
People hearing without listening
Des personnes  entendant sans écouter
People writing songs that voices never share,
Des personnes  écrivant des chansons qu'aucune voix ne partagerait jamais,
And no one dared disturb the sound of silence
Et personne n'osait déranger le son du silence

Fools, said I, you do not know,
Idiots, dis-je, vous ignorez,
Silence, like a cancer, grows
Que le silence, tel un cancer, grandit
Hear my words that I might teach you,
Ecoutez mes paroles pour que je puisse vous apprendre,
Take my arms that I might reach you
Prenez mes bras pour que je puisse vous atteindre
But my words, like silent raindrops fell,
Mais mes paroles tombaient comme  des gouttes de pluie silencieuses,
And echoed in the wells of silence
Et résonnaient dans les puits du silence

And the people bowed and prayed
Et les gens s'inclinaient et priaient
To the neon god they made
Devant le dieu de néon qu'ils avaient créé
And the sign flashed out its warning
Et le panneau s’illumina d’avertissements
In the words that it was forming
A travers les mots qu'il  formait
And the sign said : the words of the prophets
Et le signe disait  : les mots des prophètes
Are written on the subway walls
Sont écrits sur les murs des souterrains
And tenement halls,
Et des halls d'immeubles,
And whispered in the sounds of silence
Et sont murmurés à travers les sons du silence 

[Traduit par mes soins] 

Comme vous pourrez en juger, les paroles en sont assez énigmatiques. Selon ce que dit Paul Simon, lors d'une interview, les premières paroles lui furent inspirées car il avait l'habitude à l'époque pour composer de s'enfermer dans le noir dans la salle de bains, seul avec sa guitare, car il aimait la réverbération des sons sur les carreaux de faïence. La chanson a été écrite quelques jours après l'assassinat de Kennedy. Lors de sa sortie, la chanson fut un échec commercial et faillit même entraîner l'éclatement du duo. Il fallut attendre qu'elle soit choisie pour le bande originale du film The Graduate (Le lauréat), avec Dustin Hoffman (1967) pour qu'elle devienne un succès mondial.

[Renseignements tirés de la version anglaise de l'article The sound of silence, sur Wikipedia.]  

FLASH MOB : ET MAINTENANT DANSONS !



Crakowie (Pologne) 29/04/2011

J'aime particulièrement le premier morceau qui démarre cette vidéo (le reste moins). Il s'agit de "In this shirt" par The irrepressibles, dont j'ai déjà parlé ici.

FLASH MOB : BOLERO DE RAVEL A COPENHAGUE

Et voici encore un bel exemple : Le boléro de Ravel interprété à la gare centrale de Copenhague.


samedi 8 décembre 2012

OPERA : LA TRAVIATA DE VERDI (FLASH MOB)

On désigne ce genre d'évènements, apparemment improvisés, du terme anglais de "flashmob" (mot à mot : "mobilisation éclair"). En d'autres temps, on aurait appelé cela des "happenings". On désigne aussi ce genre de manifestations, qui peuvent être spontanés mais sont le plus souvent minutieusement organisés, sous le nom de "foule éclair". Cela peut prendre la forme d'un concert, d'un récital de poésie ou de théâtre ou, comme ici, d'un extrait d'opéra. Internet a permis le succès de ce type de manifestation qui, grâce à Youtube ou Dailymotion, sont désormais instantanément connus et repris dans le monde entier Pour en savoir plus : voir l'article flash mob sur Wikipedia).  
La scène se déroule au grand magasin d'Amsterdam De Bijenkorf, l'équivalent néerlandais de nos BHV, Printemps ou Galeries Lafayette à Paris ou de Harrod's à Londres.
Voir aussi, à Sabadell en Catalogne, le flash mob de la IXème symphonie de Beethoven (03/08/2012).



Merci à Danielle B. B. de m'avoir fait connaître cet évènement.

ARCHITECTURE : HOMMAGE A OSCAR NIEMEYER

(AP Photo/Ricardo Moraes, File)

Je viens d'apprendre que le grand architecte brésilien Oscar Niemeyer était mort le 6 décembre dernier à l'âge de 104 ans. J'ai déjà dit ici que lorsque j'étais enfant, l'un des métiers que j'aurais voulu faire était celui d'architecte. A part  Frank Lloyd Wright et Le Corbusier, l'un des architectes qui m'avait le plus inspiré était Oscar Niemeyer et son oeuvre majeure, Brasilia.


Oscar Niemeyer , architecte engagé et hédoniste par Geneviève WELCOMME (la-Croix.com 6/12/2012)

« Par l’effet conjugué d’un immense talent et d’une vitalité exceptionnelles, Oscar Niemeyer laisse une œuvre considérable, plusieurs centaines d’ouvrages dans le monde dont une vingtaine est encore en cours de réalisation dans divers pays. On se souvient de Brasilia, bien sûr, dont il réalisa les principaux monuments publics (inscrits au patrimoine mondial de l’Unesco en 1987), mais aussi, en France, de la maison de la culture du Havre (inscrite en 2005), du siège du Parti communiste français à Paris, de la Bourse du travail de Bobigny.
Parmi les innombrables bâtiments que d’autres pays lui ont confiés, Oscar Niemeyer se disait particulièrement fier du siège des Éditions Mondadori près de Milan (1968-1975), une version moderne du temple grec selon ses propres dires, ou de l’université algérienne de Constantine (1969-1977), en forme d’ailes d’oiseau.
Prodigue, se renouvelant sans cesse, privilégiant le jeu des formes, leur sensualité et leur musicalité intrinsèque, Oscar Niemeyer ne fut le chantre d’aucun dogme, d’aucun parti pris formel et il parlait de son art comme un dessinateur amoureux : « Ce n’est pas l’angle droit qui m’attire, ni la ligne droite, dure, inflexible, créée par l’homme. Ce qui m’attire, c’est la courbe libre et sensuelle, la courbe que je rencontre dans les montagnes de mon pays, dans le cours sinueux de ses fleuves, dans la vague de la mer, dans le corps de la femme préférée. »  C’est pourtant de Le Corbusier, dont on met volontiers en avant la rigueur, voire l’austérité, que l’architecte brésilien reçut ses premières leçons.

Bâtiment du Congrès national (Brasilia)

UNE CAPACITÉ D'INNOVER HORS DU COMMUN

En 1929, l’année même où Oscar Niemeyer s’inscrit à l’école d’architecture de Rio de Janeiro, l’architecte franco-suisse y donne une série de conférences. Quelques années plus tard, sous la direction de Lucio Costa, tête de file de la nouvelle génération d’architectes brésiliens, Niemeyer et Le Corbusier travailleront ensemble sur le projet du nouveau ministère de l’éducation et de la santé du Brésil, bâtiment qui deviendra une icône du « style international » caractérisant les grandes réalisations des Trente Glorieuses. Ils se retrouveront en 1947 pour la conception du bâtiment de l’ONU à New York. Si un univers culturel sépare les deux architectes, ils ont en commun une capacité d’innover hors du commun et une audace constructive – notamment dans l’usage du béton – encore rare à l’époque.
La première grande commande publique que reçoit Oscar Niemeyer, en 1940, et qui lance véritablement sa carrière, vient de Juscelino Kubitschek, alors maire de Belo Horizonte, capitale de l’État du Minas Gerais. Sur les bords d’un lac artificiel, dans le quartier de Pampulha, l’architecte conçoit un yacht-club, une salle de bal, un casino et la merveilleuse église Saint-François-d’Assise aux volumes rythmés comme une succession de vagues habillées d’azulejos bleus. Un monument hardi, aux courbes déliées, dont la réussite et le sentiment de plénitude qui s’en dégage expriment l’une des convictions de l’architecte : « Je suis pour les choses innovantes et belles dont l’audace et l’esprit créatif peuvent surprendre et émouvoir  (1). »

Brasilia

 LA SENSUALITÉ DES COURBES

Élu président de la République en 1956, Kubitschek se tournera de nouveau vers Niemeyer pour la création ex-nihilo de la future capitale du pays au cœur des terres. Le film L’Homme de Rio  de Philipe de Broca (avec Jean-Paul Belmondo) donne une petite idée de la démesure du projet que fut Brasilia et de l’engagement qu’il exigea. Niemeyer y prit sa part, sans doute la meilleure, en posant quelques grandioses sculptures (la cathédrale, le Parlement, le Palais des Congrès, la Cour suprême…) sans subir les contraintes d’un plan d’urbanisme autrement ardu à mettre en place et dont se chargea son confrère, Lucio Costa.
Sculpter l’espace à la manière d’un artiste. C’est ainsi qu’Oscar Niemeyer aimait présenter son travail : par les traits amples et libres d’un dessin jeté sur le papier. Louant la sensualité des courbes, la liberté des espaces vides, l’importance vitale de la lumière, Niemeyer l’hédoniste arrime l’architecture au bonheur des sensations premières. Et relègue d’autant plus volontiers la part complexe de ses projets dans « la salle des machines », loin des visiteurs, qu’il peut s’appuyer sur une équipe d’excellents ingénieurs (une belle tradition brésilienne). Libre de forger ainsi sa légende : « Ma mère m’a raconté que, tout petit, je dessinais dans le ciel avec mon index.  (…) Contempler les nuages a toujours constitué ma distraction favorite. »

Maison de la culture du Havre

UN HOMME ENGAGÉ DANS LE COMMUNISME

Ces évocations délibérément aériennes, voire ascensionnelles, expriment également le caractère idéaliste d’un homme répétant inlassablement que le combat contre la pauvreté et l’oppression sont la priorité politique absolue. Enfant de la bourgeoisie carioca, il s’engagea dans le communisme (il reçut le prix Lénine en 1963 et fut l’ami de Fidel Castro, Pablo Neruda, Salvador Allende), ce qui lui valut quelques années d’exil en France grâce au soutien d’André Malraux, après la prise de pouvoir des militaires dans son pays.

Palacio da Alvorada (Brasilia)

Ses convictions politiques restèrent cependant en retrait de son travail : Niemeyer œuvra peu pour les pauvres ou le recul des favelas même si, en 2009, fut inauguré un centre culturel pour les jeunes dans la favela de Niterói, dessiné « sans honoraires » par l’architecte. Travailleur infatigable, avouant, le jour de ses 100 ans, son étonnement « d’être toujours là »,  Oscar Niemeyer, qui surprenait ses visiteurs par sa vitalité, disait aussi volontiers : « Je me sens en paix avec moi-même parce que je crois en ce que je propose. »

(1) Les citations d’Oscar Niemeyer sont extraites de Niemeyer paroles d’architecte (de Jean Petit, Éd. Fidia).

Plus de photos sur Culture Box (France Télévisions)