"...don't be stuck in the every day reality, allow yourself to dream, have faith in your wildest dreams." [AaRON]

"Ne restez pas scotchés à la réalité quotidenne. Permettez-vous de rêver. Croyez en vos rêves les plus fous..." [AaRON]

jeudi 27 décembre 2007

CINEMA : "LA BOUSSOLE D'OR"



J'ai déjà ici parlé de l'oeuvre de Philip PULLMAN "A la croisée des mondes" et de l'adaptation au cinéma,  du 1er volume de cette trilogie sous le titre  "La boussole d'or".
Après avoir vu le film, voici mes impressions :

J’attendais impatiemment, bien qu’avec un peu de crainte - la sortie de ce film, comme on attend toujours l'adaptation d'une oeuvre littéraire qu'on a beaucoup aimée.

Rien ne destinait le réalisateur Chris WEITZ (réalisateur d’"American Pie", une grossière farce adolescente pas très raffinée ) à entreprendre une telle adaptation. La bande annonce que j’avais vue au cinéma m’avait tout de même donné l’envie d’aller voir le film.

A la différence de beaucoup de critiques lues ici et là, mon opinion sur ce film est assez bonne. Certes, l’adaptation au cinéma de toutes ces œuvres fleuves et culte (de « Dune » au « Seigneur des Anneaux » en passant par « Eragon » et « Le monde de Narnia ») est toujours risquée. Mais comment cela pourrait-il être autrement tant la richesse de l’œuvre littéraire est supérieure à ce que peut faire un metteur en scène (fût-il le meilleur, il n’est que de voir le semi-échec du « Dune » de David Lynch) en deux heures de temps.

J’ai lu et relu l’œuvre de Pullman et je le classe parmi les meilleurs écrivains de SF ou de Fantasy (comme on voudra, car en fait il n’y a pas de catégorie adaptée à ce genre d’œuvre), que je connaisse. La richesse de ses bouquins, la complexité de ses personnages, l’inventivité de son (ses) monde(s) est proprement époustouflante.

Eh bien, non, je n’ai pas été déçu car le film, même s’il est évidemment réducteur, est en tout point remarquable. Les acteurs (Nicole KIDMAN en Mme Coulter est à la fois l’ange et le démon qu’elle est dans les livres, Daniel CRAIG, en Lord Asriel, est parfait, quant à la jeune actrice Dakota Blue RICHARDS, elle est aussi excellente en Lyra.

Les décors sont magnifiques et pleins de surprises. La qualité des images de synthèse (en particulier pour les daemons) est telle qu’il faut se pincer pour se dire que ce ne sont que des images fictives.

Un seul bémol : le son. Une horreur ! La musique (qui n’a rien de génial) est beaucoup trop forte et couvre les voix (celle de Nicole KIDMAN en particulier qui chuchote le plus souvent –mais c’est dans son rôle, on ne peut le lui reprocher). A chaque apparition de l’aléthiomètre (improprement traduit par "boussole d’or" à l'intention de ceux qui n'ont pas lu les livres) est accompagnée – on se demande pourquoi – par un déchaînement de sons qui obligent le spectateur à se coller les mains sur les oreilles. Dommage. C’est malheureusement un constat que l’on fait de plus en plus dans les salles et il faudra sans doute faire quelque chose contre cette dérive.

En conclusion, beau film qui prolonge pour moi le plaisir que j’ai pris à lire (et relire) les livres. J’attends impatiemment l’adaptation du 2ème volume « la tour des anges ».
Je voudrais terminer en vous donnant le lien avec un site consacré à l'œuvre de Pullman que j'ai trouvé bien fait : http://www.cittagazze.com/index.php

Voir ma critique sur mon blog cinéma Cinérock07

CINEMA : "LIONS ET AGNEAUX" DE ET AVEC ROBERT REDFORD


Lions et agneaux (de et avec Robert Redford, Tom Cruise, Meryl Streep)


Une remarque préliminaire : le titre français peut induire en erreur. Le titre original « Lions for lambs » aurait dû être traduit par « Des lions pour les agneaux», ce qui n’a pas tout à fait le même sens, on le comprendra en voyant le film ! C'est une phrase qui fait référence à la Bible, sans doute à l’Apocalypse de Jean ?)

Ce film est sorti en France fin novembre 2007. Je ne crois pas qu’il ait eu beaucoup de succès, malgré la renommée des acteurs à l’affiche (Robert Redford, Tom Cruise et Meryl Streep). C’est en effet un film tellement atypique qu’il désarçonne le spectateur. Je l’ai vu récemment et je l’ai trouvé remarquable, bien qu’un peu court (1.30 H) – à mon avis ½ H de plus n’aurait pas été de reste ! (c'est plutôt rare que j'en redemande !!!)  Il est certain que ce n’est pas la longueur qui fait la qualité d’un film mais, là, on reste un peu sur sa faim tant le générique de fin tombe au moment où on ne s’y attend pas. Bien qu’on ait toutes les cartes en main pour comprendre les tenants et les aboutissants, le spectateur (moi en tout cas, et d’après la tête des autres spectateurs, peu nombreux, hélas… je n’étais pas le seul à penser cela), j’ai été surpris.

Atypique, il l’est aussi par le duo Redford/Tom Cruise. On connaît Redford pour son engagement politique à gauche et ses prises de position antiBush. On sait par ailleurs à quel point Tom Cruise est impliqué dans la Scientologie dont il est même devenu l’un des plus éminents porte-flambeaux. C’est même la raison pour laquelle il se serait fait remercier par la Paramount après 14 ans de « bons et loyaux services » et une série de succès commerciaux au box-office. Cruise est aussi coproducteur de ce film par le biais de United Artists qu’après son éviction de la Paramount, il a racheté. Etonnant, non ?

Revenons-en au film qui présente le destin parallèle de plusieurs personnalités hors-norme :

- Robert Redford, (le professeur Stephen Malley) est un enseignant idéaliste et contestataire dans une université de la côte Ouest. Au cours du film, il tente de convaincre Todd (Andrew Garfield, un jeune acteur anglais génial dont on reparlera certainement) l’un de ses étudiants les plus doués, de prendre sa vie en main alors que ce dernier a plutôt tendance à se laisser vivre ;
- Tom Cruise (le sénateur Jasper Irving) est un jeune sénateur républicain aux dents si longues qu’elles rayent l’épaisse moquette de son bureau ;
- Meryl Streep (Janine Roth), journaliste de haut vol qui a aussi été engagée à gauche mais qui, depuis le rachat de sa chaîne par une chaîne commerciale, s’est « rangée » et ne fait plus de journalisme d’investigation (je l'ai trouvée un peu palote dans le film);
- Deux anciens étudiants (un black et un hispano, très bons eux aussi) du professeur Malley, engagés volontaires dans les troupes d’intervention en Afghanistan et qui y laisseront leur peau. Le professeur Malley se sent responsable de leur engagement dans les marines et le ressent comme un échec personnel. Il ne voudrait pas que cela arrive à Todd mais, à la fin du film, on n’est pas sûr qu’au fond, après l’entretien qu’il a eu avec son prof, celui-ci ne décide pas, justement, de s’engager dans l’armée.

Seul le spectateur a toutes les cartes en main pour juger du parcours de ces personnages.

Je suis ressorti de ce film un peu interloqué car, visiblement, s’il est un pamphlet contre la politique sécuritaire de Bush en Irak, en Afghanistan et en Iran, il pose avant tout le problème de l’engagement personnel et de la remise en question de chacun et de sa place dans une société ultra-formatée.

Si les prestations de Redford et de Cruise, je suis un peu resté sur ma faim quant à celle de Meryl Streep, que j’avais trouvée autrement plus convaincante dans « Le diable s’habille en Prada ». Là, elle est en retrait, éteinte, même si le rôle veut ça, on est un peu déçu.

Quant au jeune Andrew Garfield, c’est pour moi une révélation et je pense qu’il ira loin. Je le lui souhaite en tout cas, car c’est un acteur remarquable.

Même si j'ai aimé ce film, je suis assez d'accord cependant avec l'analyse de Matthieu Carratier (dans "Première") :

"Après "Le royaume", Matthew Michael Carnahan livre son deuxième scénario de l'année autour de la présence américaine au Moyen-Orient. Un film qui ne parle pas de l'Irak, juré, mais plus du rapport qu'entretiennent les citoyens et les médias avec leurs institutions. Le message, adressé à la jeunesse de tous les pays, est limpide : si tu ne t'engages pas, d'autres le feront pour toi, et il y a de grandes chances qu'ils prennent les mauvaises décisions. Ce message plein d'idéal, Redford l'assène avec le dynamisme d'un koala à l'heure de la sieste. A l'image, on ne verra rien d'autre que des gens qui parlent dans une pièce. Le plus gros rebondissement du film consiste un peu à voir Tom Cruise passer du salon à son bureau... Un refus de cinéma d'autant plus regrettable que les premières minutes de "Lions et Agneaux" promettaient un thriller politique seventies autrement plus mouvementé. Même le face-à-face Streep-Cruise, qu'on s'imaginait bouillant, s'avère d'une tiédeur et d'une politesse absolue. Peut-être avait-on placé nos attentes un peu trop haut... Mais quand un film s'achève en demandant au spectateur s'il compte enfin agir pour changer le monde, la moindre des choses serait de le faire autrement qu'avec un discours d'amphithéâtre mou de la thèse."
Dur, dur... mais finalement assez juste !

lundi 10 décembre 2007

KADHAFI A PARIS : DROLE DE CELEBRATION POUR LA JOURNEE DES DROITS DE L'HOMME !


"Le dirigeant libyen, Mouammar Kadhafi, arrive à Paris, lundi 10 décembre pour une visite officielle de cinq jours. Alors que le président Nicolas Sarkozy et le premier ministre, François Fillon, ont multiplié les déclarations pour justifier cette visite, les critiques affluent. Dernière en date, celle de la secrétaire d'Etat aux droits de l'homme, Rama Yade. Dans une interview publiée dans Le Parisien daté de lundi, elle se dit "dérangée" que Mouammar Kadhafi arrive en France un jour de célébration des droits de l'homme, et souhaite que cette visite soit l'occasion d'insister sur le respect de ces droits par la Libye."Le colonel Kadhafi doit comprendre que notre pays n'est pas un paillasson sur lequel un dirigeant, terroriste ou non, peut venir s'essuyer les pieds du sang de ses forfaits. La France ne doit pas recevoir ce baiser de la mort", déclare Mme Yade. "Ce qui me dérange, c'est qu'il arrive un jour de célébration des droits de l'homme", explique la secrétaire d'Etat, en référence à la Journée internationale des droits de l'hommme. "Je serais encore plus gênée si la diplomatie française se contente de signer des contrats commerciaux, sans exiger de lui des garanties en matière de droits de l'homme. C'est un devoir : la France n'est pas qu'une balance commerciale", a-t-elle affirmé.

"Il serait indécent en tout cas que cette visite se résume à la signature de contrats ou d'un chèque en blanc", poursuit-elle. "Peut-on accorder une confiance absolue à celui qui demande d'être traité comme n'importe quel chef d'Etat et qui, avant même d'être arrivé sur le sol français, affirme que le terrorisme est légitime pour les faibles ?", demande Mme Yade, qui cependant "ne partage pas l'indignation automatique de ceux qui excluent tout dialogue avec la Libye".

La voix de Rama Yade s'ajoute aux critiques de nombreuses organisations de défense des droits de l'homme et de responsables de l'opposition – François Hollande, Ségolène Royal, François Bayrou, notamment –, qui dénoncent l'accueil fait à un dirigeant dont le nom est associé à des affaires de terrorisme.

Répondant à ces critiques, François Fillon a jugé "déplacée" cette polémique sur la visite du colonel Kadhafi, dans un entretien publié lundi par le journal Les Echos. Selon lui, "il est légitime que la France entretienne des relations d'Etat à Etat dans le respect du droit international".

Extrait du Monde : http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-823448,36-987590,0.html?xtor=RSS-3210

Rama Yade remonte dans mon estime après les propos qu'elle avait tenus dans le cadre de l'affaire Arche de Zoé (voir mes posts des 12/11/2007 et 08/12/2007)

A mon humble avis, ce sont les commentaires de François Fillon qui sont pour le moins... "déplacés" !

mardi 4 décembre 2007

VINCENT HUMBERT : "JE VEUX MOURIR ! "

En souvenir de Vincent Humbert

J'ai vu hier soir sur TF1 le téléfilm "Marie Humbert, l'amour d'une mère" réalisé par Marc Angelo (avec Florence Pernel) sur le combat mené par la mère de Vincent Humbert pour obtenir pour son fils le droit de décider de sa mort qui, dans l'état actuel des choses, n'est pas reconnu en France alors qu'il l'est dans plusieurs pays européens.

Je ne voulais pas en parler avant d'avoir vu le film, car le sujet me paraît trop grave pour être traité à la légère et il nous interpelle ou risque de nous interpeller tous à un moment ou à un autre de notre vie ou de celle de nos proches.

J'ai assisté au décès de mon père en Juin 2006 au service de réanimation de l'hôpital d'Aubenas et nous avons été à ses côtés jusqu'à son dernier souffle. Dans notre cas, heureusement, les choses se sont "bien" passées, autant qu'elles puissent "bien se passer" dans ce genre de circonstances.

Je suis bien conscient que le cas de mon père, décédé à 86 ans, après une vie bien remplie, n'est en aucune manière comparable à celui de ce jeune homme de 19 ans, rendu totalement paralysé, muet et aveugle, par un accident de la route, en pleine jeunesse et en pleine force !

Rappelons les faits : le 24 septembre 2000, Vincent Humbert quitte la caserne de pompiers où il travaille pour rejoindre sa fiancée. Il conduit calmement, sur une petite route qu'il connaît bien, les conditions climatiques sont excellentes. Malheureusement, le dernier virage avant d’arriver chez lui lui sera fatal... Il ne peut éviter le poids lourd qui déboule devant lui sur cette route étroite et sa voiture va s’encastrer sous le camion... Son frère aîné, pompier lui aussi, fait partie des sauveteurs appelés sur place. Il sait au premier coup d'oeil que son frère est perdu et se reprochera de l'avoir secouru. Aux urgences de l’hôpital, Vincent subit une quinzaine d’interventions mais il est si atteint que les médecins ne laissent guère d’espoir à ses proches. Du jour au lendemain, la vie de sa mère Marie bascule. Elle quitte son appartement et son travail pour accompagner son fils dans un centre spécialisé dans le Nord de la France. Elle croit en lui, en sa force physique et morale, en sa joie de vivre... et est persuadée que Vincent va s'en sortir, que c’est juste un problème de temps et d’amour.

Vincent reste dans le coma 9 mois puis, un jour, le “miracle” se produit : il bouge légèrement son pouce droit. Marie est folle d'espoir. Elle se bat pour tenter de communiquer avec ce fils complètement paralysé mais qui entend et comprend. Pendant neuf autres mois, elle mettra au point une technique de communication unique, basée sur un système d'alphabet simplifié, qui lui permettra de savoir ce que pense et veut Vincent. Malheureusement, celui-ci, qui entend tout et a conservé toute son intelligence, sa lucidité et même son humour, souffre physiquement et surtout moralement d'une façon indicible et il fait son choix : un jour, stupéfaite, alors qu'elle croit toujours que l'état de son fils va s'améliorer, Marie décrypte un terrible message en lequel elle ne veut pas croire : "Je veux mourir". Les médecins et tous ses proches pensent que Vincent traverse une phase de dépression bien compréhensible et qu'il changera d'avis mais, au fil des mois, sa détermination de mourir ne fait que grandir.

Devant le refus des médecins de l'y aider, il dicte, grâce au système mis au point avec sa mère, une lettre au Président de la République. En retour, la Présidence lui envoie une lettre banale, déshumanisée, qui montre bien qu'elle n'a même pas été lue par Jacques Chirac. Vincent rentre dans une rage folle et pendant plusieurs jours refuse de communiquer.

Marie obtient une entrevue avec le président qui finit par la recevoir personnellement, sous la pression médiatique mais le "soutien" dont il l'assure ne va pas au-delà de quelques bonnes paroles. L’affaire se médiatise et échappe à Vincent et à sa mère, un débat national sur l’euthanasie s’engage dont Vincent devient, malgré lui, un symbole. Désespéré, Vincent se tourne alors vers sa mère et lui dicte :« Si tu m’aimais, tu me tuerais ! » Par amour pour son fils, Marie,qui lui a donné la vie, va lui offrir sa mort.
[Synthèse en grande partie empruntée à l'article de Philippe Tesseron : http://www.temoignages.re/article.php3?id_article=26423]

J'ai trouvé que ce film était une très belle réalisation, les acteurs sont justes, émouvants, la réalisation évite intelligemment le pathos et les prises de position.

Sans entrer dans la controverse, je voudrais simplement ici citer la lettre dictée par Vincent et adressée au président de la République où il lui "demande le droit de mourir".

"Monsieur Chirac,

"Tous mes respects, Monsieur le président.

"Je m'appelle Vincent Humbert, j'ai 21 ans, j'ai eu un accident de circulation le 24 septembre 2000. Je suis resté 9 mois dans le coma. Je suis actuellement à l'hôpital Hélio-Marin à Berck, dans le Pas-de-Calais. Tous mes sens vitaux ont été touchés, à part l'ouïe et l'intelligence, ce qui me permet d'avoir un peu de confort. Je bouge très légèrement la main droite en faisant une pression avec le pouce à chaque bonne lettre de l'alphabet. Ces lettres constituent des mots et ces mots forment des phrases.
"C'est ma seule méthode de communication. J'ai actuellement une animatrice à mes côtés, qui m'épelle l'alphabet en séparant voyelles et consonnes. C'est de cette façon que j'ai décidé de vous écrire. Les médecins ont décidé de m'envoyer dans une maison d'accueil spécialisée. Vous avez le droit de grâce et moi, je vous demande le droit de mourir. Je voudrais faire ceci évidemment pour moi-même mais surtout pour ma mère; elle qui a tout quitté de son ancienne vie pour rester à mes côtés, ici à Berck, en travaillant le matin et le soir après m'avoir rendu visite, sept jours sur sept, sans aucun jour de repos. Tout ceci pour pouvoir payer le loyer de son misérable studio. Pour le moment, elle est encore jeune. Mais dans quelques années, elle ne pourra plus encaisser une telle cadence de travail, c'est à dire qu'elle ne pourra plus payer son loyer et sera donc obligée de repartir dans son appartement de Normandie. Mais impossible d'imaginer rester sans sa présence à mes côtés et je pense que tout patient ayant parfaitement conscience est responsable de ses actes et a le droit de vouloir continuer à vivre ou à mourir. Je voudrais que vous sachiez que vous êtes ma dernière chance. Sachez également que j'étais un concitoyen sans histoires, sans casier judiciaire, sportif, sapeur-pompier bénévole. Je ne mérite pas un scénario aussi atroce et j'espère que vous lirez cette lettre qui vous est spécialement adressée. Vous direz toutes mes salutations distinguées à votre épouse. Je trouve que toutes les actions comme les pièces jaunes sont de bonnes oeuvres. Quant à vous, j'espère que votre quinqennat se passe comme vous le souhaitez malgré tous les attentats terroristes. Veuillez agréer, Monsieur le Président, l'expression de mes sentiments les plus distingués.


[Réf. http://www.admd.net/dossiers/vincent-lettre.htm]

Marie Humbert et les médecins du centre ont été inculpés, persécutés par une justice inhumaine avant d'être innocentés mais, malgré quelques aménagements mineurs, la loi qui permettrait aux français qui le souhaitent de mourir dans la dignité n'a pas profondément évolué. Marie Humbert juge que la loi Léonetti "dite Vincent Humbert", qui a été adoptée en 2006 est une loi hypocrite qui ne règlera, hélas, rien !http://www.lavoixdunord.fr/dossiers/societe/euthanasie/0601032.phtml]

Dans le cours du film, à l'occasion de l'anniversair de Vincent, qui adorait cette chanson, l'un des soignants interprète "Le paradis blanc" de Michel Berger, en s'accompagnant à la guitare. J'ai déjà parlé de cette chanson et de ce qu'elle évoquait pour moi (Voir mon post du 18/08/2007 et le clip qui y est adjoint). Dans le film, le jeune soignant, bouleversé, ne peut aller jusqu'au bout et quitte la chambre en larmes. J'ai trouvé l'extrait vidéo de ce moment très émouvant sur Youtube et je l'ai mis en regard de ce post. Voir la 2ème vidéo en partant du haut.

dimanche 2 décembre 2007

LITTERATURE : HOMMAGE A NORMAN MAILER


Norman Mailer est décédé samedi 10 novembre à New York, à l'âge de 84 ans, des suites d'une insuffisance rénale. Romancier, journaliste, essayiste, biographe, poète, metteur en scène, scénariste, acteur de cinéma, candidat à la mairie de New York en 1969, chantre de la contre-culture américaine des années '50 et '60, auteur d'une quarantaine d'ouvrages, lauréat du National Book Award et du Prix Pulitzer, marié six fois et père de neuf enfants, Norman Mailer a longtemps été considéré comme "l'enfant terrible de la littérature américaine" et a dominé la scène intellectuelle de son pays pendant toute la deuxième moitié du XXe siècle. Né le 31 janvier 1923 à Long Branch (New Jersey) dans une famille de la petite bourgeoisie juive, Norman Mailer a suivi des études d'ingénieur aéronautique à Harvard avant de se consacrer très tôt à la littérature. Mobilisé dans l'US Navy début 1944, il a vécu la fin de la guerre en combattant dans le Pacifique. À son retour en 1946, après un bref séjour d'études à La Sorbonne à Paris, il entame l'écriture d'un premier roman très réaliste inspiré par son expérience de la guerre "Les Nus et les Morts" (publié en 1948). Ce livre lui apportera la gloire dès l'âge de 25 ans et il ne cessera plus de publier, délivrant une oeuvre puissante sur l'Amérique contemporaine et ses mythes. (...) On lui doit entre autres Rivage de barbarie (1951), Nègre blanc (1956), Un rêve américain (1965), Pourquoi sommes-nous au Vietnam ? (1967), Les armées de la nuit (Prix Pulitzer 1969), Bivouac sur la lune (1970), Le chant du bourreau (prix Pulitzer 1980), La Nuit des temps (1983), Les vrais durs ne dansent pas (1984), Un mystère américain (1995), L'Amérique, Essais, reportages, ruminations (1999), Le Combat du siècle (2000), Pourquoi sommes-nous en guerre ? (2003) et Portrait de Picasso en jeune homme (2004). Son dernier roman, Un château en forêt, Le fantôme d'Hitler (2007), est le récit de la jeunesse d'Adolf Hitler raconté par un démon employé de Satan. Tout en reconnaissant lui-même que certains de ses livres n'ont pas résisté au temps, Norman Mailer était cependant très fier de "Les Nus et les Morts" et de "Harlot et son fantôme", une vaste fiction sur la CIA. Bagarreur et boxeur, véritable râleur professionnel, adorant la provocation, Norman Mailer a été emprisonné à plusieurs reprises dans les années soixante pour rixes, mais aussi en 1967 pour son engagement politique, après avoir dénoncé l'engagement américain au Vietnam. L'écrivain s'est fait de nombreux ennemis, en particulier chez les féministes, pour ses propos souvent très politiquement incorrects sur les relations entre les hommes et les femmes (...). Il créa, au milieu des années cinquante, le célèbre hebdomadaire de gauche "The Village Voice". Chroniqueur et observateur lucide du monde contemporain, Norman Mailer avouait être dans un "état de pessimisme intellectuel profond" et n'était pas tendre avec ses compatriotes. "Il me semble que l'Amérique est devenue bien plus laide ces dernières années", déclarait il y a peu l'écrivain, faisant notamment allusion à l'Amérique de George W. Bush.

Extraits de La République des Lettres, samedi 10 novembre 2007