"...don't be stuck in the every day reality, allow yourself to dream, have faith in your wildest dreams." [AaRON]

"Ne restez pas scotchés à la réalité quotidenne. Permettez-vous de rêver. Croyez en vos rêves les plus fous..." [AaRON]

mercredi 23 novembre 2016

U4 UNE SAGA JEUNESSE A DECOUVRIR


U4 est une série de quatre romans pour jeunes adultes publiés par les branches jeunesse de deux éditeurs français. La sortie des quatre premiers tomes a eu lieu simultanément le 27 août 2015 et elle a été accompagnée d'une campagne incluant une "bande-annonce". Un 5ème ouvrage, intitulé U4 : Contagion, a été publié en 2016. Il a été écrit collectivement par les auteurs des premiers tomes et inclut. Livre se présente sous la forme de nouvelles, de courts textes de deux BD, et de 4 « fan fictions » qui prolongent et apportent de nouveaux éclairages aux premiers volumes.

Le thème des romans est post-apocalyptique. La forme, une écriture par quatre auteurs différents dont les héros, quatre adolescents, vivent les mêmes événements mais les racontent de leur point de vue, est exceptionnelle, d’autant plus que les livres peuvent se lire indépendamment les uns des autres et dans l'ordre de son choix.

Origine du projet

Les quatre auteurs, Yves GREVET, Florence HINCKEL, Carole TREBOR et Vincent VILLEMINOT, SONT DES AUTEURS de littérature jeunesse et ont tous déjà eu de beaux succès littéraires, indépendamment les uns des autres. L'idée d’écrire U4 leur est venue de leur « désir de s'arracher à la solitude et leur volonté de s'impliquer dans un projet collectif : sur la base d'une situation commune donnée, chaque auteur développe une histoire, dans son style propre, attaché à son personnage. » Ils se sont retrouvés tous les quatre lors d'un salon littéraire en 2013 et la bonne entente leur a permis d'entreprendre cette aventure assez exceptionnelle : écrire une histoire à quatre. Le choix d'un récit post-apocalyptique leur a permis de changer d'univers par rapport aux nombreux ouvrages déjà écrits par chacun d'eux.

Résumés

U4 est l’abréviation du nom d’un virus fictif (U pour Utrecht, la ville des Pays-Bas dans laquelle il serait apparu pour la 1ère fois, et 4 pour "4ème génération"). Le virus est censé avoir fait ses premières victimes aux alentours du 15 octobre d’une année indéterminée (mais proche de la nôtre). En quelques jours, il a décimé près de 90% de la population mondiale, principalement les adultes et les jeunes enfants. Seule une tranche de la population, composée d’adolescents de 15 à 18 ans, a survécu. Quelques adultes, exclusivement des militaires, ont aussi échappé à la contagion.

Les héros de la série initiale sont au nombre de quatre, quatre adolescents qui, « avant » l’épidémie, jouaient tous à un jeu en ligne appelé "Warriors of Time" (abrévié tout au long des romans sous le sigle WOT), dans lequel ils avaient atteint le niveau « d’Expert ».

Avant que les transmissions ne s’interrompent le 1er novembre, ils avaient tous reçu par Internet un étrange message émanant du « maître du jeu », le mystérieux Khronos, leur donnant rendez-vous le 24 décembre « sous la plus ancienne horloge de Paris » pour remonter le temps et empêcher la catastrophe.

Les quatre adolescents, qui donnent leur nom aux quatre premiers livres, sont :


  •  Koridwen (auteur : Yves Grevet). Kori (Koridwen) elle est la seule survivante de son village breton, près de Morlaix. Après avoir enterré ses parents avec l’aide d’un voisin, depuis décédé, et aidé l’une des vaches de la ferme à vêler, elle décide de partir à bord d’un tracteur attelé d’une bétaillère où elle a entassé les livres et le matériel que lui a léguée sa grand-mère guérisseuse. Après être passée prendre son cousin Max, autiste, dans l’institut où il se trouvait, elle met le cap sur Paris. Les croyances celtes vont l'accompagner dans son périple.

  •           Jules (auteur : Carole Trébor). Jules se retrouve seul dans l'appartement parisien de ses parents, face aux rats. Il sauve Alicia, une fillette qui a miraculeusement survécu plusieurs jours à côté de son grand-père mort. Il fait ensuite la connaissance d'un groupe de jeunes qui a réussi à s'organiser contre les gangs armés qui veulent s'accaparer de la ville.



  • -          Stéphane (auteur : Vincent Villeminot). Stéphane, malgré son prénom de garçon, est une fille. Elle vit à Lyon avec son père, un éminent épidémiologiste et virologue travaillant pour l'armée. Sans nouvelle de lui, elle rejoint le R-Point de la Tête d’Or pour mettre ses connaissances médicales au service des jeunes qui s’y trouvent regroupés par l’armée. Mais, ne supportant pas l’ordre que celle-ci tente d’imposer, elle s’enfuit en compagnie d’autres jeunes, « experts » de WOT comme elle, pour aller à Paris, au rendez-vous fixé par Khronos.



  • -  Yannis (auteur : Florence Hinckel) Yannis, accompagné de son chien Happy, quitte l’appartement de Marseille où ses parents et sa sœur sont morts et il met lui aussi le cap sur Paris. Arrivé à Lyon, il fait la connaissance de Jules et de Stéphane et ils se rendent ensemble à Paris. Tout au long de son périple, il sera accompagné par les fantômes de ses proches qu’il se reproche de ne pas avoir dignement enterrés. 


Stéphane, Yannis et Jules qui, au cours de leur périple jusqu’à Paris, ont tué des militaires, sont considérés comme des terroristes par l’armée et pourchassés par elle. A Paris, ils font la connaissance de Kori et de son cousin Max et, avec la petite Alice, sauvée par Jules et quelques autres adolescents, ils tentent de survivre aux gangs et à l’armée et se trouver au rendez-vous du 24 décembre.  

Mon opinion

Cette série française, sur laquelle je suis tombé par le plus grand des hasards, accroché par les couvertures présentant en gros plan quatre visages d’adolescents, les lettres U4 suivies de prénom de héros, est une des sagas post-apocalyptiques les plus réussies que je connaisse. En la découvrant, on ne peut s’empêcher de penser à Hunger Games ou The labyrinth et devrait, si toutefois elle est traduite, conquérir le public des jeunes adultes outre-Manche et, qui sait, peut-être tenter un réalisateur de cinéma.  



mardi 15 novembre 2016

MUSIQUE - Thomas AZIER "Talk to me"

Voici une autre chanson que je viens de découvrir. Thomas AZIER est un musicien néerlandais. J'avais déjà mis un de ses clips en ligne sur ce blog. Le titre s'appelait Red eye et je l'avais découvert - encore - illustrant une pub de parfum. Le texte de cette chanson, Talk to me (Parle-moi) traduit par mes soins ci-après, est assez sombre.





Thomas AZIER – Talk to me 

My father wants the best for me 
Mon père veut le meilleur pour moi
But I'm feeling super low 
Mais je me sens super mal
I wonder what's the best for me
Je me demande ce qui est le mieux pour moi
I don’t know which way to go
Je ne sais pas quel chemin prendre
He tells me I will be alright
Il me dit que ça va aller
I just need a little time
J’ai juste besoin d’un peu de temps
I'm trying but my tears are dry
J’essaie de pleurer mais mes larmes sont sèches
I have wasted them online
Je les ai gaspillées en ligne
Talk to me
Parle-moi
Talk to me
Parle-moi
Tell me how you really feel
Dis-moi comment tu te sens vraiment
Talk to me
Parle-moi
Talk to me
Tell me what is fake and what is real 
Dis-moi ce qui est faux et ce qui est vrai
I want to find escape tonight
Je veux trouver le moyen de m’enfuir cette nuit
Wake me up when this summer comes
Réveille-moi quand ce sera l’été
Painkillers for my brain tonight
J’ai besoin de calmants pour ma tête ce soir
I want to fade until I'm gone
Je veux m’effacer jusqu’à ce que je sois parti
It burns when it caresses me
Les caresses me brûlent
Like a medusa in the sand
Comme une méduse cachée dans le sable
It hurts but it possesses me
J’ai mal quand ça me possède
But I can feel myself again
Mais au moins je me sens à nouveau moi-même
Talk to me
Parle-moi
Talk to me 
Parle-moi
Tell me how you really feel
Dis-moi comment tu te sens vraiment
Talk to me
Parle-moi
Talk to me
Parle-moi
Tell me what is fake and what is real
Dis-moi ce qui est faux et ce qui est vrai

MUSIQUE - Daniel JOHNSTON - "True love will find you in the end"



Voici encore une belle découverte musicale. Cette chanson illustre une publicité de la SNCF qui passe en ce moment sur les chaîne de télévision. Comme à mon habitude, j'ai voulu identifier l'interprète et le titre de la chanson. Après avoir trouvé les paroles, je les ai traduites. Savourez :

Daniel Johnston - True Love Will Find You In The End
(Le Véritable Amour Finira Par Te Trouver)

True love will find you in the end
Le véritable amour finira par te trouver,
You'll find out just who was your friend
Tu découvriras alors qui était ton ami
Don't be sad, I know you will,
Ne sois pas triste, je sais que tu le seras
But don't give up until
Mais n'abandonne pas avant que
True love finds you in the end.
Le véritable amour ne te trouve.

This is a promise with a catch
C'est une promesse avec une condition
Only if you're looking will it find you
Seulement si tu le cherches, il te trouvera
Cause true love is searching too
Car le véritable amour lui aussi te cherche
But how can it recognize you
Mais comment peut-il te reconnaître
Unless you step out into the light ?
Sauf si tu passes dans la lumière

Don't be sad, I know you will,
Ne sois pas triste, je sais que tu le seras,
But don't give up until
Mais n'abandonne pas avant que
True love finds you in the end.
Le véritable amour ne te trouve.



vendredi 11 novembre 2016

HOMMAGE A LEONARD COHEN




Hommage à Leonard Cohen

Je viens d’apprendre avec une grande tristesse la mort de Leonard Cohen. Il m’accompagnait depuis mes années de fac. Comme tous les soixante-huitards, je l’avais découvert avec mes copains de l’époque en écoutant en boucle dans nos chambres à la cité-U, Suzanne, Sisters of Mercy, Bird on the wire… A l’époque, bien que je fasse des études d’anglais, je ne comprenais pas toutes les paroles mais je ne cherchais pas vraiment non plus à tout comprendre,  préférant me laisser bercer par sa voix sombre et chaleureuse.

Il est rare qu’on ne se lasse pas d’un chanteur ou d’une chanteuse. On a des coups de cœur puis l’on passe à autre chose... Or, au cours de ces années, je ne me suis jamais lassé d’écouter Leonard Cohen, jusqu’à ces derniers jours, jusqu’à ce dernier disque You Want it Darker, sorti seulement fin octobre, et dont je n'ai entendu que des bribes, me promettant de l’acheter et de l’écouter à tête reposée.

L’annonce de sa mort m’a frappé comme l’aurait fait un coup de foudre. Je le savais âgé mais qu’est-ce à notre époque que 82 ans pour de tels monuments ? On aimerait que des êtres comme lui ne meurent jamais, tout en sachant que ce n’est pas possible.

Ne me satisfaisant d’aucune des traductions de ses chansons publiées en français, je m’étais bien modestement essayé à en traduire certaines. Il n’y a pas si longtemps, sur ce blog, j’avais publié la traduction faite d’une chanson illustrant la bande son de la comédie de Valérie Lemercier 100 % cachemire. Comme je l'ai écrit alors, on ne se serait pas attendu à entendre une chanson aussi sombre dans un tel film.  Cette chanson s’appelait Dance me to the end of love. Si l’on traduit cette phrase mot à mot, cela donne : « Danse-moi jusqu’à la fin de l’amour ». Bizarre… Mais tous les textes de Leonard Cohen sont bizarres. En fait, c’est de la poésie pure qui fonctionne par allusion, par approximations, évoquant plus que décrivant, caressant les mots pour qu’à leur tour, ils caressent la réalité et vous rapprochent du rêve… En cela, Cohen était un maître génial.  
   
Internet nous apprend qu’en juillet dernier, il avait perdu «la femme de sa vie», Marianne Ihlen. Elle avait été sa muse et une source d'inspiration pour bon nombre de ses morceaux, à commencer par « So long, Marianne », écrit en 1968, mais aussi "Bird on the wire" que j'ai tant écouté. Bien qu’ils soient séparés depuis les années 70, où il rencontra Suzanne Elrod, la mère de ses deux enfants (et la Suzanne de la chanson), ils restèrent des amis très proches. Lorsqu’il apprit que Marianne était malade, il lui écrivit une magnifique lettre, une dernière déclaration d’amour si lucide qu'elle en est prémonitoire :

«Marianne, le temps où nous sommes si vieux et où nos corps s'effondrent est venu, et je pense que je vais te suivre très bientôt. Sache que je suis si près derrière toi que, si tu tends la main, je pense que tu pourras atteindre la mienne. Tu sais que je t'ai toujours aimée pour ta beauté et ta sagesse, je n'ai pas besoin d'en dire plus à ce sujet car tu sais déjà tout cela. Maintenant, je veux seulement te souhaiter un très bon voyage. Adieu, ma vieille amie. Mon amour éternel, nous nous reverrons. » 

Marianne est décédée deux jours après avoir reçu cette lettre. Et Leonard n'aura pas attendu longtemps avant d'accomplir sa promesse de la retrouver au-delà de la mort.

En octobre dernier, à l'occasion de la sortie de son 14e album, il s'était confié à la revue Les Inrocks. Leonard Cohen leur avait entre autres déclaré : « Je n'ai pas peur de la mort. Ce sont les préliminaires qui m'inquiètent. » 

La mort lui aura fait ce cadeau en lui évitant ces préliminaires qu'il redoutait: elle a été douce avec lui puisqu’elle est venue le chercher sans lui avoir laissé le temps de l’attendre, lui qu'elle fascinait tant et qu'il avait encensée à travers beaucoup de ses chansons.

So long, Leonard. 


samedi 29 octobre 2016

COUP DE COEUR : Carl le pianiste interprétant "La foule"

J'ai découvert ce jeune pianiste grâce à une vidéo mise en ligne par un de mes amis sur Facebook. Ce jeune homme a profité d'une initiative (intelligente !)  de la SNCF qui met en place des pianos en libre-service dans certaines de ses gares pour permettre à des inconnus de jouer. Le pianiste s'appelle Carl et il interprète avec maestria "La foule" d'Edith Piaf.

dimanche 2 octobre 2016

COUP DE GUEULE : LA SNCF N'AIME PAS LES CHATS SURTOUT LORSQU'ILS SONT JAUNES ET QU'ILS SE MARRENT !


Les ennuis judiciaires de Mr. Chat

Je vous ai déjà parlé dans un post précédent (23/09/2014) du street-artiste qui se fait appeler Mr. Chat (de son vrai nom Thoma Vuille) car il dessine, depuis 20 ans, Mr. Chat, des chats jaunes hilares sur les espaces publics abandonnés aux tags et autres affiches sauvages. Il prend bien soin de ne jamais recouvrir des informations utiles et il ne nuit à personne mais il apporte, aux pauvres « obligés » de la RATP et de la SNCF, un message d’optimisme.

Il y a deux ans, en octobre 2014, la RATP lui avait déjà fait un procès. Elle lui réclamait 1 800 euros de dommages et intérêts pour des chats peints dans un couloir de la station Châtelet sur un mur qui devait être recouvert de carrelage. Son avocate ayant des irrégularités dans la formulation des poursuites, l’affaire avait été abandonnée.

En septembre 2015, alors qu’il effectuait une correspondance entre un métro et un RER à la gare du Nord, Thoma Vuille a pu constater que la station regorgeait d’œuvres de street-art, dans le cadre d’une opération organisée par la SNCF appelée « Quai 36 ». « Je me suis dit, tiens, bonne nouvelle, les choses bougent, raconte-t-il. Puis en attendant mon train, je vois ce support blanc, destiné à être recouvert d’un habillage, ça a été plus fort que moi. »

Au printemps de cette année, il est convoqué par la brigade anti-tag de la SNCF pour le dessin de la gare du Nord, l’inspecteur lui assure qu’il n’encourait qu’un rappel à la loi et il a signé la déposition. Mais lorsqu’il a reçu une convocation devant le tribunal correctionnel pour “récidive”, il a compris qu’il « (s’)était fait avoir. » D’autant que l’avocat de la SNCF requiert contre lui une peine de 3 mois de prison fermes !

Le 13 octobre, le tribunal tranchera sur cette question comme sur le fond.

Mais où vit-on, en Roumanie du temps de Ceaucescu, en Iran, en Turquie ??? non, en France, dans un pays qui, paraît-il, a comme devise « Liberté, égalité, fraternité ».

Parallèlement, nous apprenons par la dernière enquête d’Elise Lucet qui a repris les rênes d’Envoyé Spécial sur France 2, que plus des 2/3 du réseau SNCF français est dangereux car mal entretenu, ce qui n’empêche pas la même société de nous bassiner avec une publicité mensongère et coûteuse, régulièrement dénoncée par la Cour des Comptes.


En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/arts/article/2016/09/22/trois-mois-de-prison-ferme-requis-contre-l-artiste-m-chat_5002028_1655012.html#JffT9XvS6yyugejB.99

Musique : "IF YOU GO AWAY" by NEIL DIAMOND

Voici une interprétation surprenante de "Ne me quitte pas" de Jacques Brel interprétée par Neil Diamond dans un épisode de la nouvelle série très addictive Mr. Robot, qui est actuellement diffusée sur France 2 et dont j'ai parlé dans mon blog cinéma Cinérock07

MUSIQUE : "O HEY!" BY THE LUMINEERS

Musique : KEATON HENSON

jeudi 28 juillet 2016

J.T. & Robert's Contemporary Dance from "The Next Generation: Top 9 Perf...



JT Church est un garçon de 10 ans connu pour avoir présenté un numéro de danse contemporaine remarqué avec Robert Roldan dans le cadre de la 13ème édition de l’émission “So You Think You Can Dance : The next generation ”, une émission de télé-réalité diffusée par la Fox aux Etats-Unis. 

En France, l’émission s’intitule « Tu crois que tu sais danser » et a brièvement été diffusée sur Virgin 17. 
Le duo JT Church et Robert Roldan a été classé dans le Top 10 lors de la saison 13, commencée le 30 mai 2016. La performance intitulée « The Mirror »(Le miroir)", qui fait l’objet de cette vidéo, a été interprétée le 25 juillet 2016 sur une musique d’Alexandre Desplat, célèbre compositeur français connu pour ses nombreuses musiques de films (The Queen, The Golden Compass, Twilight, Harry Potter, The imitation game, etc.) 

Robert Roldan, un danseur et acteur professionnel reconnu, a choisi le plus jeune des candidats, JT Church, un garçon de 10 ans, originaire de Haymarket, en Virginie pour interpréter ce beau duo composé par le chorégraphe Travis Michael Wall.

Je remercie mon amie sur Facebook Liliane Kolackny de m'avoir fait connaître cette performance dont la poésie et le côté onirique ont, vous en conviendrez avec moi, toute leur place sur ce blog intitulé "Au-delà des rêves". 

dimanche 17 juillet 2016

LE CORBUSIER AU PATRIMOINE MONDIAL



L'oeuvre architecturale de Le Corbusier (1887-1965), présentée  en  2009 puis en 2011, a été classée au patrimoine mondial de l'Humanité.l’Unesco ce dimanche 17 juillet 2016.

Le dossier, présenté par la France, regroupe 17 sites choisis dans les sept pays où Le Corbusier, pseudonyme de Charles-Edouard Jeanneret-Gris, le grand architecte franco-suisse, a laissé sa trace : en France, en Suisse, en Belgique, en Allemagne, en Argentine, au  Japon et en Inde.

Parmi ces réalisations, le site de Firminy (Loire) représente sa  deuxième plus grande création après Chandigarh en Inde, car c’est le seul endroit où ce génie visionnaire a pu donner la mesure de sa vision nouvelle et révolutionnaire de l’urbanisme tel qu'il l'avait théorisé. Grâce au soutien sans faille de son ami Eugène Claudius-Petit,  ministre de la reconstruction et de l’urbanisme et maire de Firminy en 1958, Le Corbusier a eu  la possibilité de donner libre court à son projet de « ville radieuse » avec la construction d’un ensemble formé de deux immeubles d’habitation , d’une a maison de la culture et d’équipements sportifs (piscine et stade) ainsi que d’une église (les deux restés inachevés à sa mort). L'église Saint-Pierre a été terminée seulement en 2006, soit 41 après sa disparition, par son élève José Oubrerie.  


L'église St. Pierre à Firminy (ph. Roland Comte)

Les œuvres de Le Corbusier témoignent de son apport au "Mouvement moderne", un courant apparu à partir de la première guerre mondiale et qui insistait sur le fonctionnel, la pureté des lignes et l'emploi de nouveaux matériaux comme le béton brut, le fer, l’acier, le verre et le bois, ainsi que les couleurs et la lumière pour laquelle Le Corbusier avait la plus grande passion.

"Cette bonne nouvelle survient après plus de dix ans de travail, de concertation et deux échecs", s'est félicité dans un communiqué Benoît Cornu, 1er adjoint à Ronchamp (Haute-Saône), qui préside depuis 2016 l'Association des Sites Le Corbusier créée en 2010. 

"Cette étape n'est pas un aboutissement ! Il s'agit, désormais, de valoriser ce patrimoine devenu mondial, de le protéger et de le léguer à nos héritiers dans les meilleures conditions, pour qu'ils en fassent de même", a-t-il ajouté.


[Informations du site France Info 17/07/2016]

samedi 2 juillet 2016

HOMMAGE A YVES BONNEFOY


J'ai appris ce matin en écoutant France Inter le décès d'Yves Bonnefoy à l'âge de 93 ans.
J’ai souvent, dans ce blog, parlé de ce poète, écrivain, grand amateur de peinture et humaniste, et cité des extraits de L’Arrière-Pays,  sa plus belle et plus grande œuvre, dans laquelle je trouvais, au cours de mes lectures et de mes relectures, beaucoup d’éléments dont je ressentais la justesse au fond de moi.

En lisant la biographie qui lui est consacrée sur Wikipedia, je tombe sur ce passage :

L’été avaient lieu chaque année les voyages, évoqués dans L'Arrière-Pays, chez ses grands-parents à Toirac, dans le Lot, où s'était retiré Auguste Maury, le grand-père instituteur. C'est dans cet essai qu'Yves Bonnefoy a aussi évoqué la première irruption du sentiment d'exil et du néant qui brisa l'état initial de plénitude de l'adolescence :

« Je me souviens : quand on allait chercher le lait à la ferme et qu'il brillait en bougeant sur le chemin du retour, sous les étoiles. Il y avait un moment difficile, à un certain tournant, où l'on enfonçait dans le noir de murs trop serrés et de l'herbe. Puis on passait à vingt mètres de la maison neuve éclairée. C'est à une fenêtre de cette maison que j'ai vu une fois, se découpant sur le fond d'une paroi nue, la silhouette obscure d'un homme. Il était de dos, un peu incliné, il semblait parler. Et ce fut pour moi l'Étranger. »

Un rêve fait à Mantoue (1967)

Je me suis essayé à lire plusieurs de ses autres ouvrages. Je ne vous cacherai pas que j’ai « séché » à la lecture de son premier livre, publié en 1953, intitulé « Du mouvement et de l’immobilité de Douve », qui m’a, à vrai dire, assez déplu par son côté morbide (peut-être en raison d’une trop grande influence de Baudelaire, qui avait été le sujet de son DES). 

Je n’ai pas eu beaucoup plus de succès avec les autres recueils de poésie dans lesquels je me suis aventuré. Je me suis beaucoup plus retrouvé dans ses travaux critiques, en particulier ceux consacrés aux peintres et à la peinture, marqués par une insatiable curiosité et parcourus de fulgurances impressionnantes.



Mais, pour moi, comme je l’ai dit, l’ouvrage qui m’a le plus marqué, qui est resté longtemps sur mon chevet et que je relis encore régulièrement, est L’Arrière-Pays, publié en 1972 avec des illustrations aux éditions Skira à Genève et republié depuis dans une collection de poche plus accessible chez Folio poésie. Je ne saurais trop vous conseiller de l'acquérir, de le lire et de le méditer.          

lundi 27 juin 2016

LA REPUBLIQUE MATRAQUANT MARIANNE



Je viens d'entendre parler aux informations sur France 3 de cette polémique sur une fresque murale peinte sur un mur du quartier de la gare à par le "street-artiste" lyonnais Goin dans le cadre du Grenoble Street Art Fest organisé par la mairie de Grenoble.

Peinte en noir et blanc, dans l'esprit de ce que fait le génial artiste anglais Banksy dont les peintures murales mêlent toujours humour, dérision, et critique politique et sociale au vitriol, dont le message est toujours d'une redoutable efficacité.

La peinture réalisée par Goin représente Marianne, à terre, se protégeant  des coups de matraques que lui assènent deux policiers. Sur le bouclier de l'un d'eux, on déchiffre, à l'envers, les caractères 49.3. Sur la gauche de l'image (fait-il y voir un signe ?), on lit aussi le slogan "L'Etat matraquant la Liberté". 

Les syndicats de policiers, le ministre de l'intérieur, certains hommes ou femmes politiques de tous bords (en ces temps de confusion des valeurs, est-il encore nécessaire de préciser "de droite" ou "de gauche" ?), ont violemment protesté et demandé à ce que "cette fresque anti-police indigne soit immédiatement effacée". 

La municipalité, dirigée par Eric Piole, maire Europe Ecologie Les Verts, a rétorqué qu'il "s'agissait d'une oeuvre d'art et que l'art peut être subversif."

Je respecte la police quand elle fait son travail qui est de défendre les citoyens. Je la respecte nettement moins quand elle continue à matraquer un manifestant à terre, quand elle tire des grenades ou des flash-balls à tir tendu, quand elle rend un étudiant aveugle ou quand elle tue (mort de Rémi Fraisse à Sivens en 2014).

L'art, même s'il peut heurter la sensibilité, ne sera jamais responsable de la cécité d'un étudiant ou du meurtre d'un jeune.

Alors, je dis bravo à Goin et à ces artistes talentueux de rappeler à la bonne conscience soi-disant "républicaine" que le devoir de la police est certes de maintenir l'ordre mais qu'elle doit le le faire dans le respect du droit des citoyens.

Le mur doit être détruit. Je demande humblement au maire de Grenoble de sauvegarder cette fresque et de l'exposer ailleurs, pourquoi pas aux Musée des Beaux Arts de la ville dont les collections d'art contemporain sont déjà remarquables. Elle y sera parfaitement à sa place.

J'espère que cette fresque restera pour rappeler à tous, policiers et citoyens, que la liberté et la justice doivent primer sur toute autre raison et surtout sur celle de la raison d'Etat, n'en déplaise à MM. Valls, Cazeneuve ou Hollande.

Je viens d'apprendre qu'une pétition a été lancée pour le maintien de cette fresque murale. Je l'ai signée bien sûr et, si vous partagez mes idées, je vous invite à faire de même.

dimanche 26 juin 2016

BENOITE GROULT ET LE DROIT DE MOURIR DANS LA DIGNITE


Hommage de l’ADMD à Benoîte Groult

« La militante du droit de mourir dans la dignité, Benoîte Groult, est morte…
Avec la mort de Benoîte Groult, hier, c’est la disparation d’une grande figure de la liberté que pleure l’Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité dont elle était adhérente depuis le tout début de l’association.

Romancière de talent, elle était une militante féministe intransigeante avec le droit absolu qu’elle reconnaissait à chacun d’être maître de sa propre destinée, de son propre corps, de sa propre mort.
Membre du comité d’honneur de l’ADMD, elle militait sans relâche pour qu’une loi équivalente à celle qui existe aux Pays-Bas ou encore en Belgique soit votée en France. Ces dernières années, elle s’était montrée très déçue de l’incapacité de la France à entendre la voix de ceux qui souffrent et qui demandent légitimement qu’un terme soit mis à une vie qui n’est plus que de la survie.
Jean-Luc Romero, président de l’ADMD, et le conseil d’administration de l’association adressent leurs sentiments de sympathie émue à la famille de cette amie de très grand talent. »

Interview de Benoîte Groult sur France 5 (jeudi 23 juin 2016)

"Pendant ce bel automne passé ensemble, Hélène et moi nous avions réfléchi à l’art de mourir, comme disait Françoise Giroud. Et elle s’était enfin inscrite à l’ADMD, l’Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité, où je milite depuis tant d’années. C’est si valorisant de se déclarer pour une mort choisie quand on est en pleine santé (…)
En fait, c’est par amour pour la vie que je voudrais la quitter à temps. J’ai trop aimé courir, grimper, skier, conduire une voiture, pour accepter de m’installer aux commandes d’un déambulateur. J’ai trop aimé le goût du vin, celui des single malt et le parfum de neiges éternelles de la vodka. J’ai trop aimé vivre auprès d’un compagnon pour affronter les jours et les nuits, pour s’assaillir, pour discourir, pour ronchonner, pour lire à deux, pour rire aussi, pour tous les plaisirs et les déplaisirs de la vie et pour doucement vieillir.
Mais comment accéder à l’euthanasie, ce beau mot grec qui signifie tout simplement ce que tout le monde souhaite : une belle mort ? Quand un philosophe est contraint de se défenestrer pour échapper à sa maladie incurable, quand une femme âgée en est réduite à s’avancer dans l’eau glacée d’un étang, jusqu’à s’y engloutir, qu’est-ce donc qu’un refus d’assistance, que le non-respect d’une personne ?" 

Benoîte Groult

vendredi 24 juin 2016

L’INFLUENCE DU RÊVE DANS LA CREATION ARTISTIQUE


On dit souvent d’un artiste ou d’un créateur, sans y prêter autrement attention, que son œuvre est « onirique ». Peu d’artistes (ou, plus généralement de créateurs, scientifiques, etc.) ont admis sans réticence qu’ils avaient été influencés par un rêve.


L’un d’entre eux est Salvador Dali qui a été inspiré par un rêve pour l’une de ses œuvres parmi les plus célèbres et les plus emblématiques : Le Christ de Saint-Jean de la Croix. Cette huile sur toile, de 2,05 sur 1,15 m, a été peinte en 1951. Il en existe de multiples reproductions mais peu de gens savent où se trouve l’original qui est conservé au musée Kelvingrove, à Glasgow (Ecosse). Peu après qu’il ait été terminé, début 1952,  le tableau fut exposé dans une galerie londonienne où le vit le Docteur Tom J. Honeyman, directeur des Musées de Glasgow. Contre l’avis de son conseil d’administration, ce dernier  décida immédiatement de l’acquérir ainsi que les droits afférents. Le prix initial était de 12000 £ mais il l’obtint pour 8200 £, prix encore jugé  trop élevé par ses détracteurs, parmi lesquels les étudiants de la Glasgow School of Art qui firent même circuler une pétition contre cet achat car ils considéraient que l’argent aurait été mieux employé à promouvoir les artistes locaux. Cette polémique sera à l'origine de l'amitié entre Honeyman et Dali qui engagèrent un échange épistolaire qui dura de nombreuses années.

Le tableau fut exposé pour la première fois le 23 juin 1952 au Kelvingrove Art Gallery où il fit l’admiration de plus de 50 000 visiteurs  durant les seuls six premiers de sa présentation,  confirmant au Dr. Honeyman qu’il avait eu raison de tenir tête à tout le monde. Un fanatique tenta cependant de  détruire le tableau en lui jetant une brique qui occasionna une importante déchirure de la toile. Après sa restauration, il est désormais exposé à l’abri d’une vitre anti-effraction.

L'originalité de la perspective et l'habileté technique rendirent le tableau parmi les plus célèbres de Dali. Le sujet est traité en perspective plongeante, le regard du spectateur étant placé au-dessus de la croix dominant de très haut un paysage où l’on reconnaît la baie de Portlligat. Entre le Crucifié et la baie s’intercalent des nuages aux tons mystiques et mystérieux, illuminés par la clarté qui émane du corps de Jésus. Le puissant clair-obscur qui sert à rehausser la figure du Christ provoque un effet dramatique particulièrement spectaculaire.

La représentation du Christ est atypique : contrairement aux représentations classiques, celui-ci est représenté par un jeune homme musclé, aux cheveux bruns et courts qui semble flotter détaché au-dessus[1]. A part la position, on ne voit par ailleurs aucun des attributs classiques de la crucifixion – ni clous, ni couronne d'épines, etc. L'inscription INRI figure bien à la partie supérieure de la croix mais sur une simple feuille de papier pliée.

Dali reprit plusieurs fois ce thème de la crucifixion (en particulier dans un autre tableau, peint deux ans plus tard, en 1954, qu’il intitula Corpus Hypercubus, composition qui s’inspirait des théories du Discours sur la forme cubique de Juan de Herrera, concepteur du monastère de San Lorenzo de l'Escorial au XVIe siècle.


Dans le numéro spécial de 1952, édité par la Scottish Art Review, en réponse à des critiques qui lui étaient faites sur la position surprenante du Christ, Dalí expliqua qu’elle lui avait été inspirée, d’abord par un tableau de saint Jean de la Croix, puis par deux rêves consécutifs qu’il fit lors d’un séjour en Californie :
« La position du Christ a provoqué une des premières objections sur cette peinture. Du point de vue religieux, cette objection n'est pas fondée, puisque mon tableau est inspiré de dessins de crucifixion de saint Jean de la Croix en personne. Pour moi, ce tableau devait être exécuté comme une conséquence d'un état d'extase. La première fois que je vis ce dessin, il m'impressionna de telle façon que plus tard, en Californie, je vis le Christ en rêve dans la même position, mais dans le paysage de Portlligat, et j'entendis des voix qui me disaient « Dali, tu dois peindre ce Christ »
« Et je commençais à le peindre le jour suivant. Jusqu'au moment où je commençais la composition, j'avais l'intention d'inclure tous les attributs de la crucifixion – clous, couronne d'épines, etc. – et de transformer le sang en œillets rouges sur les mains et les pieds, avec trois fleurs de jasmin qui ressortiraient des blessures du côté. Les fleurs auraient été réalisées à la manière ascétique de Zurban. Mais juste avant de finaliser mon tableau, un second rêve modifia tout ça, peut-être à cause d'un proverbe espagnol qui dit « A mal Cristo, demasiada sangre »[2]
« Dans ce second rêve, je vis le tableau sans les attributs anecdotiques : seule la beauté métaphysique du Christ-Dieu. J'avais également eu l'intention de prendre pour modèles pour le fond les pêcheurs de Port Lligat, mais dans ce songe, à leur place, apparaissait dans un bateau un paysan français peint par Le Nain, dont seul le visage a été modifié pour ressembler à un pêcheur de Port Lligat. Cependant, vu de dos, le pêcheur a la silhouette de Velázquez. Mon ambition esthétique dans ce tableau était contraire à tous les Christ peints par la majorité des peintres modernes, qui l'interprétèrent dans un sens expressionniste et contorsionniste, provoquant une émotion par le biais de la laideur. Ma principale préoccupation était de peindre un Christ beau comme le Dieu même qu'il incarne »






[1] On ne connaît pas toujours les modèles de Dali. Celui qui a servi de modèle au Christ de saint Jean de la Croix était un cascadeur hollywoodien de 32 ans du nom de Russel M. Sanders, rencontré lors d’un séjour américain du couple.
[2]  L’expression exacte est « A mal Cristo, mucha sangre ». On l’utilise pour qualifier une œuvre de peu de valeur artistique où l’artiste, pour masquer son manque de talent, exagère les détails dramatiques, comme dans la peinture ou la sculpture baroque.  

mardi 21 juin 2016

HOMMAGE A BENOITE GROULT


Benoîte Groult était née le 31 janvier 1920 à Paris. Elle est décédée et le 20 juin 2016 à son domicile de Hyères (Var) à l’âge de 96 ans. Journaliste, romancière et militante féministe française, elle a beaucoup fait pour la cause des femmes. Elle était aussi membre de l'Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité (ADMD) dans le cadre de laquelle elle militait pour une évolution de la législation française pour que la volonté du malade de mourir soit prise en compte.

Biographie

Benoîte Groult est la fille du styliste de meubles André Groult (1884-1966), renommé dans les années trente, et de Nicole Poiret (1887-1967), dessinatrice de mode, sœur du créateur Paul Poiret et grande amie (et amante pendant la première guerre, comme Benoîte le raconte de façon à peine voilée dans son roman Les Trois quarts du temps) de la peintre Marie Laurencin. Sa sœur cadette Flora Groult est également écrivain et elles ont écrit ensemble plusieurs ouvrages.

Benoîte Groult obtient une licence en Lettres et enseigne au début de sa carrière au Cours Bossuet. En 1943, elle épouse Blaise Landon qui meurt en mai 1944. En 1945, elle épouse un étudiant en médecine, Pierre Heuyer, qui meurt quelques mois plus tard. Elle entre au Journal de la Radiodiffusion à la Libération et y reste jusqu'en 1953. En 1946, elle épouse Georges de Caunes avec lequel elle a deux filles, Blandine et Lison, puis, en 1952, le romancier et journaliste Paul Guimard avec lequel elle a une fille, Constance. Elle a collaboré à diverses publications : Elle, Parents, Marie Claire, etc.

Dès l'enfance, elle cultive le goût de l'écriture, mais c’est à l'âge mûr qu’elle se lance sur la scène littéraire, d'abord avec sa sœur Flora : Journal à quatre mains (1958), Le Féminin pluriel (1965), Il était deux fois (1967). Elle est par la suite l'auteur de plusieurs best-sellers : La Part des choses (1972), Ainsi soit-elle (1975), Les Trois-Quarts du temps (1983), Les Vaisseaux du cœur (1988), La Touche étoile (2006) et Mon évasion (2008).

Sa vie et son œuvre font d’elle un témoin privilégié des bouleversements sociaux dans les rapports entre hommes et femmes qui ont marqué le XXe siècle. Son féminisme, déclaré tardivement lui aussi, est une clé de lecture essentielle de son parcours, un identifiant de sa personnalité. Avec la publication d'Ainsi soit-elle (1975), elle est la première à dénoncer publiquement les mutilations génitales féminines. Cet essai féministe reste encore d'actualité bien que les allégations dénigrant la condition féminine au Moyen-Âge semblent devoir être fortement nuancées ou même totalement révisées selon Martin Blais médiéviste reconnu.

En 1978, elle fonde un mensuel féministe avec Claude Servan-Schreiber F Magazine dont elle rédige les éditoriaux.

De 1984 à 1986, elle assure la présidence de la Commission de terminologie pour la féminisation des noms de métiers, de grades et de fonctions, fondée par Yvette Roudy, alors ministre des droits de la femme, où travaillent grammairiens, linguistes et écrivains (arrêté de féminisation publié au Journal officiel en mars 1986). Depuis 1982, elle est membre du jury Femina. Elle publie en 1986, pour la première fois, l'intégralité de la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne de 1791, rédigée par Olympe de Gouges.

Clairement opposée à l’acharnement thérapeutique, elle avait demandé à ne pas être artificiellement maintenue en vie et était membre du comité d'honneur de l'Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD).

En 2011, Benoîte Groult fait don de ses archives à l'université d'Angers, au Centre des Archives du féminisme (BU Angers).

Hommages

Elle a fait l'objet de plusieurs films documentaires. Anne Lenfant lui a consacré un film d’entretiens intitulé « Une chambre à elle : entretiens avec Benoîte Groult » et « Benoîte Groult ou Comment la liberté vint aux femmes », avec les témoignages de Josyane Savigneau, Paul Guimard et Yvette Roudy, édité en 2006 par Hors Champ Productions. En 2008, un volet de la série d'émissions documentaires «Empreinte», écrit par Marie Mitterrand et réalisé par Jean-Baptiste Martin, lui permet de porter un regard rétrospectif sur son parcours.

En 2013 paraît chez Grasset une bande dessinée intitulée Ainsi soit Benoîte Groult par Catel.

Décorations

  • Officier (16 mars 1995), commandeur (2 avril 2010), puis grand-officier (25 mars 2016) de la Légion d'honneur.
  • Citoyenne d'honneur de la ville de Roanne depuis le samedi 7 mars 2010.
  • Grand officier de l'ordre national du Mérite, le 2 décembre 2013, à l'occasion du cinquantenaire de l’ordre national du Mérite.

Œuvres

  • Journal à quatre mains (1958), roman écrit avec sa sœur Flora Groult
  • Le féminin pluriel (1965), roman écrit avec Flora Groult
  • Il était deux fois (1967), roman écrit avec Flora Groult
  • La part des choses (1972), roman
  • Ainsi soit-elle (1975), essai sur la condition féminine, enregistrement sonore en 2004.
  • Le féminisme au masculin (1977), essai sur les féministes
  • La moitié de la terre (1981), essai
  • Les trois quarts du temps (1983), roman
  • Olympe de Gouges (1986), textes présentés par Benoîte Groult
  • Les vaisseaux du cœur (1988), roman
  • Pauline Roland ou Comment la liberté vint aux femmes (1991), biographie
  • Cette mâle assurance (1994), essai sur la misogynie
  • Histoire d'une évasion (1997), essai autobiographique
  • La touche étoile (2006), roman
  • Mon évasion : autobiographie, 2008, enregistrement sonore en 2009)
  • Ainsi soit Olympe de Gouges (2013), biographie
  • Romans, Paris, Grasset (coll. «Bibliothèque Grasset»), 2009

[Benoîte Groult préparait un livre sur la pêche en bateau au large, passion qu'elle partageait avec Paul Guimard.]

Adaptations cinématographiques-théâtrale
  • Andrew Birkin, Les vaisseaux du cœur (1992) [Andrew Birkin est le frère  de Jane Birkin et le père d’Anno]
  • Panchika Velez (metteur en scène), Philippe Miquel (réal.), Journal à quatre mains (2010). Jouée au Théâtre de poche Montparnasse à partir de janvier 2009 et filmée en juin 2009
  • Christian Faure, 3 femmes en colère (2014), librement adapté de La touche étoile.

dimanche 19 juin 2016

HOMMAGE A OLYMPE DE GOUGES



Hommage à Olympe de Gouges

Olympe de Gouges, de son vrai nom Marie Gouze, était née à Montauban le 7 mai 1748. Elle est morte guillotinée à Paris le 3 novembre 1793. Femme de lettres, devenue femme politique, elle est considérée comme l'une des pionnières du féminisme français.

Auteure de la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, elle a laissé de nombreux écrits en faveur des droits civils et politiques des femmes et de l’abolition de l’esclavage des Noirs.

Dans la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, l’auteure exige la pleine assimilation légale, politique et sociale des femmes. Le texte a été rédigé en septembre 1791 sur le modèle de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen proclamée le 27 août 1789, et publié dans la brochure Les Droits de la femme, adressée à la reine Marie-Antoinette [Texte intégral de 24 pages sur Gallica]. 

Premier document à évoquer l’égalité juridique et légale des femmes par rapport aux hommes, la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne a été rédigée afin d’être présentée à l’Assemblée nationale le 28 octobre 1791 pour y être adoptée. Ce texte constitue un pastiche critique de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, qui énumère des droits ne s’appliquant qu’aux hommes, alors que les femmes ne disposaient pas du droit de vote, de l’accès aux institutions publiques, aux libertés professionnelles, aux droits de propriété, etc. Olympe de Gouges y défend, non sans ironie à l’égard des préjugés masculins, la cause des femmes, écrivant ainsi que « la femme naît libre et demeure égale en droits à l’homme ». Ainsi se voyait dénoncé le fait que la Révolution oubliait les femmes dans son projet de liberté et d’égalité. Ce projet fut refusé par la Convention.
Rappelons qu’il fallut attendre octobre 1945 pour que les femmes aient enfin le droit de vote plein et entier en France. Par comparaison, de nombreux pays nous ont largement devancé :

  • -          Nouvelle-Zélande (1893)
  • -          Australie (1901)
  • -          Finlande (1906)
  • -          Norvège (1913)
  • -          Danemark et Islande (1915)
  • -          Arménie, Hongrie, Canada, Autriche, Allemagne (1918)
  • -          Russie, Tchécoslovaquie, Pologne, Géorgie, Azerbaïdjan (1918)
  • -          Pays-Bas, Luxembourg, Belgique, Suède (1919)   
  • -          Etats-Unis, Albanie (1920)
  • -          Mongolie (1924)
  • -          Inde, Liban (1926)
  • -          Grande-Bretagne et Irlande (1928)
  • -          Equateur, Afrique du Sud (femmes blanches uniquement), Grèce (1929)
  • -          Portugal (1930)
  • -          Espagne (1931)
  • -          Roumanie, Thaïlande, Maldives, Uruguay, Brésil  (1932)
  • -          Cuba, Turquie (1934)
  • -          Birmanie, Philippines (1935)
  • -          Bolivie, Ouzbékistan (1938)
  • -          Salvador (1939)
  • -          Québec (1940)
  • -          République Dominicaine (1942)
  • -          France (1944 effectif en 1945), Bulgarie, etc.

  • [Liste non exhaustive]

  • Aujourd’hui, le seul pays au monde à interdire le vote des femmes est… le Vatican et, bien que la législation de ce pays se soit récemment assouplie, l’Arabie Saoudite.

Le texte élaboré par Olympe de Gouges, refusé par la Convention, est resté sans valeur légale et resta à l’état de projet. D’une part, il n’avait paru qu’en cinq exemplaires et il a été politiquement complètement ignoré tandis que, de l’autre, il a été dit que « la Déclaration a fait sensation dans toute la France, et même à l’étranger. » Il fallut attendre 1840 pour que quelques extraits de cette Déclaration soient publiés, et l'intégralité du texte ne l'a été qu'en 1986, par Benoîte Groult. L’importance historique de la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne réside dans son statut de première déclaration universelle des droits humains qui élève une exigence universellement valable à la fois pour les hommes et les femmes. De cette façon, la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 qui n’avait été arrêtée que pour une moitié de l’humanité, sans avoir été légitimée par l’autre moitié, se trouvait, en réalité, dépassée alors qu’elle continue à être transmise, dans la conscience historique moderne, comme la base des droits de l’homme. La Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne constitue, de ce fait, un brillant plaidoyer radical en faveur des revendications féminines et une proclamation authentique de l’universalisation des droits humains.

En 1793, elle s’en était vivement prise à ceux qu’elle tenait pour responsables des atrocités des 2 et 3 septembre 1793. Elle désignait particulièrement Marat, qu'elle traite d' «avorton de l'humanité ». Soupçonnant Robespierre d’aspirer à la dictature, elle l’interpella dans plusieurs écrits, ce qui lui valut une dénonciation de Bourdon de l'Oise au club des Jacobins.

Dans ses écrits du printemps 1793, elle dénonça la montée en puissance de la dictature montagnarde avec la mise en place d’un Comité de salut public, le 6 avril 1793, qui s’arrogeait le pouvoir d’envoyer les députés en prison. Après la mise en accusation du parti girondin tout entier à la Convention, le 2 juin 1793, elle adressa au président de la Convention une lettre où elle s’indignait de cette mesure attentatoire aux principes démocratiques (9 juin 1793), mais ce courrier fut censuré en cours de lecture. S’étant mise en contravention avec la loi de mars 1793 sur la répression des écrits remettant en cause le principe républicain – elle composa une affiche à caractère fédéraliste ou girondin sous le titre de Les Trois urnes ou le Salut de la patrie, par un voyageur aérien –. Elle fut arrêtée le 20 juillet 1793, jour de l'affichage du texte, et déférée le 6 août 1793 devant le tribunal révolutionnaire qui l’inculpa.

Malade des suites d’une blessure infectée reçue à la prison de l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés. Désirant se justifier des accusations pesant contre elle, elle réclama sa mise en jugement dans deux affiches qu’elle avait réussi à faire sortir clandestinement de prison et à faire imprimer. Ces affiches – « Olympe de Gouges au Tribunal révolutionnaire » et « Une patriote persécutée », son dernier texte – furent largement diffusées et remarquées par les inspecteurs de police en civil qui les signalent dans leurs rapports.

Traduite au Tribunal au matin du 2 novembre, soit quarante-huit heures après l’exécution de ses amis Girondins, elle fut interrogée sommairement. Privée d’avocat, elle se défendit avec adresse et intelligence. Condamnée à la peine de mort pour avoir tenté de rétablir un gouvernement autre que « un et indivisible », elle se déclara enceinte. Les médecins consultés se montrèrent dans l’incapacité de se prononcer, mais Fouquier-Tinville décida qu’il n’y avait pas grossesse. Le jugement était exécutoire, et la condamnée profita des quelques instants qui lui restaient pour écrire une ultime lettre à son fils, laquelle fut interceptée. D’après un inspecteur de police en civil, le citoyen Prévost, présent à l’exécution, et d’après le Journal de Perlet ainsi que d’autres témoignages, elle monta sur l’échafaud avec courage et dignité. Elle s'écriera, avant que la lame ne tombe : « Enfants de la Patrie vous vengerez ma mort. » Elle avait alors 45 ans.

Le procureur de la Commune de Paris, Pierre-Gaspard Chaumette, applaudissant à l’exécution de plusieurs femmes et fustigeant leur mémoire, évoque cette « virago, la femme-homme, l’impudente Olympe de Gouges qui la première institua des sociétés de femmes, abandonna les soins de son ménage, voulut politiquer et commit des crimes [...] Tous ces êtres immoraux ont été anéantis sous le fer vengeur des lois. Et vous voudriez les imiter ? Non ! Vous sentirez que vous ne serez vraiment intéressantes et dignes d’estime que lorsque vous serez ce que la nature a voulu que vous fussiez. Nous voulons que les femmes soient respectées, c’est pourquoi nous les forcerons à se respecter elles-mêmes. »


-           

dimanche 17 avril 2016

MUSIC : Benjamin CLEMENTINE - I won't complain




Encore une musique découverte grâce à une pub de parfum, en l'occurence cette fois celle du parfum Mr. Burberry illustrant le film de Steve Mc Queen tourné à Londres avec, dans le rôle masculin un autre musicien, Josh Whitehouse et la jeune actrice Amber Anderson,

Benjamin Clementine : I Won't Complain (Je ne me plaindrai pas)

Its a wonderful life, its a wonderful life
C’est une vie merveilleuse, une merveilleuse vie
Traversed in tears from the heavens
Traversée par les larmes qui tombent des cieux 
My heart is a mellow drum, a mellow drum in fact
Mon cœur est un mélodrame, un mélodrame en fait*
Set alight by echoes of pain 24-7, 24-7
 Animé d'échos de peine 24-7, 24-7

I dream, I smile, I walk, I cry
Je rêve, je souris, je marche, je pleure
I dream, I smile, I walk, I cry
Je rêve, je souris, je marche, je pleure

You might not say that its a wonderful world
Tu pourras toujours dire que ce le monde n'est pas merveilleux 
and its a wonderful life
que la vie n'est pas merveilleuse
and its a wonderful day
et que ce n’est pas un jour merveilleux
Just as yesterday
Comme pouvait l’être hier

But I Wont Complain
Mais je ne me plaindrai pas
No I Wont Complain
Non, je ne me plaindrai pas
Though my good days are far gone
Bien que mes beaux jours soient depuis longtemps enfuis
They will surely come back one morn
Ils reviendront sûrement un matin 

So I Wont Complain, no, no
Alors, non, je ne me plaindrai pas

My mind is a mirror, a reflection only known to me
Mon âme est un miroir, un reflet que je suis seul à connaître 
And for those who hate me, the more you hate me
Et pour ceux qui me haïssent, plus vous me haïrez 
the more you help me
et plus vous m’aiderez 
And for those who love me, the more you love me
Et pour ceux qui m’aiment, plus vous m’aimerez
the more you hurt me
Et plus vous me ferez souffrir

When i go to bed in the night, i see some children in the
Quand je vais me coucher pour la nuit, je vois des enfants dans la 
Light
lumière
Fighting unknown shadows behind my mother`s back
Qui combattent des ombres inconnues dans le dos de ma mère
And although I don't understand my dreams i know somewhere
Et bien que je ne comprenne pas mes rêves, je sais que quelque part
There is hope, theres is hope, somewhere there is hope
Il y a de l’espoir, il y a de l’espoir, quelque part il y a de l’espoir

I dream, I smile, I walk, I cry I dream, I smile, I walk, I cry

You might not say that its a wonderful world
and its a wonderful life
and its a wonderful day
Just as yesterday

But I Wont, Complain
I Wont Complain No, no,
no, no, no, no, no
no, no, no, no, no I won't complain, no i won't complain

Though my good days are far gone
They will surely come back one morn
So I won't, I won't Complain

Though my good days are far gone
They will surely come back one morn
So I won't, I won't Complain

* Jeu de mot intraduisible : Melodram/Mellow drum, mot à mot : tendre/tambour

Droits paroles : paroles officielles sous licence MusiXmatch
Auteurs/Writer(s): Benjamin Eric Breakspeare Copyright: Warner Chappell Music France Sa, Eos

[Traduction par Roland Comte]

vendredi 15 avril 2016

MUSIC : TOM ADAMS - Travel Where The Moon Pulls



 Cette chanson, entendue en fond sonore de la publicité pour le parfum Chrome d'Azzaro a toute sa place dans ce blog par sa dimension onirique et hors du temps. Le clip publicitaire, comme souvent ceux de la marque, est magnifique, Réalisé par Christopher Hewitt, produit par Moonwalk et synchronisé par Creaminal, il met en scène une famille en vacances. Le père et la mère, vêtus de blanc, font la sieste allongés sur des transats, à côté de la piscine à débordement d’une maison à l’architecture futuriste dominant la mer. Un garçonnet d’une 10e d’année arrive par surprise et réveille son père en lui jetant un verre d’eau. Ce dernier en riant qui se lève d’un bond, rattrape l'enfant et tous les deux plongent tout habillés dans la mer d’un bleu profond. Un réel moment de complicité dans un endroit tout en roches et en eaux. Le clip a été tourné en Grèce à Antiparos. Les acteurs sont : Rein Langeveld, Alex Theodoropoulos et Maria Koutounidou. Par certains côtés, ce clip m'en rappelle un autre, beaucoup plus sombre, celui de la très belle chanson "Le vent nous portera" de Noir Désir avec l'actrice Rebecca Hampton. 

Le film est illustré d'une chanson d'un chanteur britannique du nom de Tom Adams. En cherchant ce nom sur Internet, on trouve un grand nombre de personnalités portant ce nom. Notre Tom Adams est un jeune musicien anglais né à Cambridge qui a fait des études musicales poussées à l'Université d'York et s'inspire des sons de la nature. Le titre interprété (Travel where the moon pulls) est extrait de l'album "In the constant noise" enregistré en 2014. 

 

J'aime beaucoup cette voix pure, à la limite du décrochage, qui m'emmène flotter au-dessus des nuages, comme dans certains de mes rêves.

Travel where the moon pulls (by Tom Adams)

Take me by the hand
Prends-moi par la main
Come with me to the future
Viens avec moi dans le futur
I'm leaving to night
Je m’en vais cette nuit
I'm leaving to night
Je m’en vais cette nuit
Just the two of us
Juste nous deux
We're chasing the horizon
Allons vers l’horizon
Believe in our love
Crois en notre amour
Believe in our love
Crois en notre amour
Ohhhohhh
Ohhhohhh
Waiting on the tide
 Attendons la marée
We travel where the moon pulls
Nous irons où la lune nous conduira
This freedom is ours
Cette liberté est à nous
This freedom is ours
Cette liberté est à nous
Just the two of us
 Juste nous deux
 We're chasing the horizon
 Allons vers l’horizon
Believe in our love
 Crois en notre amour
Believe in our love
Crois en notre amour

[Lyrics on Musixmatch - Traduction par Roland Comte]